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26/07/2008

VOYAGE INITIATIQUE

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« ….Je quittai le Lac d’argent légère portée par les nuages j’entendis le chant des anges, au sommet, , il y avait un pont, je descendis vers lui dans la clarté naissante de l’obscur, guidée par la lumière et poursuivis mon Voyage… ».

 

          Depuis un quart de siècle peut-être, il y a toujours devant moi, ou à côté de moi, prés de l’endroit ou j’écris, un petit cadre à quatre sous, contenant une carte postale toute ordinaire, qui représente une prairie d’alpage, fleurie, avec un chemin qui serpente en son milieu, et au fond, au loin, un sommet enneigé et majestueux, presque en osmose avec le ciel et les nuages… Sous l’image, une courte légende «  Le sommet nous invite et nous attire »…. Cette image toute simple, me rappelle constamment que le chemin de la vie est difficile, ardu, qu’il faut l’aborder doucement pour ne pas s’essouffler…. et que le but est d’atteindre  ce sommet qui paraît inaccessible au commun des mortels…

          Entre le bout du chemin visible et la montée vers les sommets de la sérénité transcendante , il y a un vide, une béance, il y a l’inconnu… les épreuves…la méchanceté humaine…les tentations utopiques…le découragement… la maladie… la fatigue…et les fameux paradis artificiels ou l’on fonce souvent avec délices, plongeant dans les lagons miroitants des effluves de Champagne ou les chaleurs torrides de la pornographie, les mirages flamboyants d’opium, de Whisky, de diverses mixtures hallucinogènes et autres moutures de drogues de synthèse….

           Annabel ( madame Bernard Buffet ), guérie de séquelles d’alcoolisme mondain avait écrit : «  je suis arrivée à un carrefour… à gauche , une route qui descend, bordée de fleurs, attrayante, pleine de rires et de fêtes alcoolisées, mais courte…. elle mène à un village sinistre, composé d’un hôpital, d’un asile d’aliénés et d’un cimetière. A droite, un chemin qui monte par paliers, plein de ronces, de chardons et d’aubépines. On s’y déchire les pieds sur les cailloux, mais il sent bon. On s’essouffle en grimpant, les mûres y sont juteuses et si l’on écarte les orties, l’herbe y est épaisse pour s’y reposer…Il paraît que si l’on ARRIVE au SOMMET, l’air a la pureté de la liberté et l’âme est devenue si ferme que l’on peut regarder le soleil les yeux grands ouverts…et avancer à pas de loup ou de biche vers l’Eden…  ( Annabel Buffet. « D’amour et d’eau fraîche »)

           Eden, utopie immémoriale, présent dans toutes les cosmogonies… Adam et Eve, la main dans la main, parcouraient heureux, le jardin d’Eden, ce lieu enchanteur, admirant les plus beaux paysages, écoutant les concerts angéliques et se délectant des fruits les plus savoureux….Chaque arbre, magnifiquement chargé, s’inclinait au passage du couple bienheureux, lui offrant ce qu’il avait de meilleur…En tout temps, les branches ployaient sous le poids des fruits qui n’avaient point de saison…Une brise légère les parfumait… Des oiseaux gourmands , au plumage paradisiaque venaient goûter les fruits et s’enivraient de leur nectar…Aucune espèce d’arbres ne manquait, chacune était fière de parader dans l’Eden… Et les arbres marchaient car leurs racines étaient autant célestes que terrestres… Ils accompagnaient le couple tendrement enlacé sur le chemin d’alpage, s’attachaient  à leurs pas, laissant diffuser leurs joyaux aromatiques, pour accompagner Adam et Eve vers le carrefour fatidique…

          Etait-ce avant ou après le paradis terrestre…. ?  Gaïa, la Terre Mère,  attendait le couple ennamouré au bout invisible du chemin et leur offrait sur un plateau voluptueux l’union exacerbée de leurs sexes… Gaïa, la divinité première, gardienne des pouvoirs divins et charnels, les tenait en son pouvoir et leur présenta les deux aspects de la nature humaine, la beauté et la vie harmonieuse ou le chaos originel et l’angoisse existentielle perpétuelle…Gaïa reste la grande prêtresse des jours de l’homme, de la femme et de la Terre, elle engendre les mâles, le ciel, les flots, les montagnes, les Titans, mais, aussi, en fin de compte, elle fait émasculer Ouranos, son compagnon terrestre, par son fils Cronos, à l’aide d’une faucille en silex… quelle délicatesse…. !!

           Par atavisme profond, devenus adultes, nous choisissons presque tous le chaos, la jouissance immédiate, l’exploitation éhontée de la Terre, du ciel, des flots, des montagnes, des stars et des super-champions, jusqu’au jour ou  notre cerveau réanime notre cortex et nous ouvre les yeux sur la beauté, l’amour, la simplicité et la pureté… Mais il est souvent un peu tard, et presque tous et toutes vivons une existence de « borderliners » inconsolables et incurables, entre la menace de la faucille de silex ou la fameuse « ablation totale », et le retour vers la recherche du  paradis intérieur, la demeure éternelle de Dieu…

            Dans ce no mans land  grisâtre, traditionnelle frontière entre les sexes, les pays, les religions, les classes sociales, apparaissent de temps à autre des fusées éclairantes qui nous font apercevoir un petit bout du jardin d’Eden, mais elles s’éteignent vite, retombent en flammèches dégoulinantes, dans les tranchées de nos incertitudes et de nos confusions…

            Que reste-t-il alors au pauvre homo sapiens, si mal équipé des pieds à la tête depuis son parachutage sur la Terre, et le greffage mal bidouillé d’une conscience parachutée, soit par la Déité Suprême, soit par le mariage hasardeux de quelques neurones égarés issus de protozoaires libidineux… ? Il ne lui reste qu’une seule alternative : VIVRE, CHANTER, EXULTER, AIMER, puis, simplement, armé d’une foi de charbonnier, se mettre à genoux…et PRIER. Même les plus grands en arrivent là : Francis Poulenc, en visite à Rocamadour, se sentit investi par une «  dévotion paysanne », et pour s’adresser simplement à Dieu, composa sur le champ, les « Litanies à la Vierge Noire »

 

  « Je quittai le Lac d’argent légère portée par les nuages j’entendis le chant des anges, au sommet il y avait un pont je descendis vers lui dans la clarté brumeuse naissante de l’obscur comme guidée par la lumière et poursuivis mon Voyage… »

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