20.12.2006
Camping de Noël
En cette fin d’année 2006, nos chers médias télévisuels nous abreuvent des clichés des français dormant dans la rue, sous des cartons empilés, ou dans des entrées d’immeuble, ou sur des bouches de métro, et, nouvelle formule, campant sur les pelouses bordant les périphériques parisiens.
Le commun de mortels ne peut qu’être scandalisé de cette situation touchant, paraît-il plusieurs centaines de milliers de personnes de tous ages, dans la quatrième puissance économique mondiale …. Le commun de mortels peut aussi constater chaque jour l’étalage de luxe ébouriffant qui existe là, sous nos yeux, dans les véhicules de luxe, les voyages au bout du monde, la cuisine gastronomique, les équipements ménagers atteignant des prix inouïs, les piscines privées, les appartements et villas valant des prix astronomiques, la mode…. Qu’est-ce qui a changé dans le comportement intime et moral d’une majorité de Français pour que cette situation perdure et s’amplifie ?
Bien sur il y a un énorme problème politique au niveau national, et maintenant aussi au niveau régional, en ce qui concerne l’accès des catégories sociales les plus défavorisées à la possibilité d’être logé correctement à un prix abordable, compatible avec les revenus. La Gauche et la Droite se envoient la balle comme d’habitude, mais les deux ont une lourde responsabilité dans ce scandale, les uns par idéologie rétrograde et calculs électoraux, les autres par lourdeurs libérales et excès de confiance envers les requins de l’immobilier.
Même au niveau des villes, des bourgades, des villages, il y a une inertie extrêmement coupable des élus envers les propriétaires d’immeubles, qui, souvent par manque de moyens financiers pour mettre les logements aux normes, préfèrent laisser pourrir leurs propriétés, et pas pour des réhabilitations coûtant des fortunes et ne profitant qu’aux privilégiés, non, de simples remises aux normes sanitaires rendant les logements viables . Nous habitons une petite ville de province de 10.000 habitants, un jour j’ai été frappé par le nombre de volets fermés dans tout le centre ville, alors, un autre jour, entre midi et treize heures( à cause des lève-tard éventuels ), j’ai pris un crayon et un papier, et j’ai compté les persiennes fermés : autour de la grande place, sur le boulevard, dans les grandes rues, puis les petites places, et les petites rues, et je suis arrivé au total de 918…. En comptant trois fenêtres par logement , cela fait environ 300 appartements inoccupés… Il y a aussi, un peu en dehors de la ville, une ex-cité EDF, en très bon état extérieur, qui comporte 60 logements et qui est totalement abandonnée…. Si l’on fait une extrapolation au niveau du pays cela fait quelques centaines de milliers de logements disponibles…
Et puis il a peut-être aussi un effort à faire de la part de l’ADMINISTRATION , pour desserrer les contraintes normatives locatives, qui sont faites pour une situation de grande croissance, et qui sont aussi trop intransigeantes pour l’attribution des aides aux familles nécessiteuses, il est pénible de voir l’administration française devenir une administration de type bolchevique … .
Et puis, il y a aussi, peut-être, l’habitude prise par nos concitoyens d’avoir un grand confort, et qui leur fait refuser des locations un peu désuètes…. Pourtant, ce qui est important, c’est d’avoir un toit…Epicure situe les besoins vitaux et nécessaires des hommes dans trois points : être nourri, habillé et à l’abri, cela reste tout à fait valable deux mille ans après. Quand nous étions jeunes mariés, il y a un demi-siècle, bah oui, et ce n’est pas si lointain que ça, on est quand même pas des Cromagnonais, le premier logement que nous avons loué, propre et agréable, n’avait pas de salle de bains, et pas de chauffage… mais avec un bon poêle à mazout nous n’avons jamais eu froid et nous n’avons jamais été aussi heureux de toute notre vie, y compris quand le premier enfant est arrivé et que les couches avaient du mal à sécher…
Eclairages
S.D.F
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15.12.2006
Conte de Noël
Cinéma familial
Pendant la semaine de Noël de l’an 1942, un de mes oncles, heureux possesseur d’une automobile à gazogène, nous proposa d’emmener toute la famille, mes parents, ma grand-mère, mon frère et moi, au cinéma de la ville voisine.
J’avais donc sept ans et n’avais aucune idée de ce qu’était le cinéma et encore moins une salle de cinéma, j’imaginais qu’il y avait beaucoup de fauteuils, de beaux décors, des lumières, mais tout cela allait être une découverte pour le petit villageois que j’étais…. Un détail dont je me souviens très bien, c’est qu’il faisait très froid dans la salle, car elle n’était pas chauffée, et tous les spectateurs étaient emmitouflés dans leurs manteaux, pardessus, cache-nez, casquettes et cagoules…
Dés que les lumières s’étaient éteintes, nous avions eu droit à un départ en fanfare avec les actualités Pathé et sa musique bien particulière, il me semble que l’on voyait le maréchal Pétain remettre des cadeaux à des enfants, puis prononcer quelques mots, puis des images à la gloire de la Wehrmacht quelque part en U.R.S.S….Ensuite ce fut un régal, une féerie accueillie par les cris d’enthousiasme des gamins quand apparurent sur l’écran les premières images de « Blanche-Neige et les Sept Nains » !! Quel bonheur pour pour des enfants sevrés de toutes distractions et de toutes douceurs, et aussi pour les adultes privés de tout superflu et assaillis de difficultés quotidiennes pour se nourrir…
La Belle , la Sorcière, Grincheux, Simplet, Joyeux, allant et venant, chantant, travaillant, allant au boulot, j’étais totalement ravi et béat !! Un enfant de sept ans peut-il aujourd’hui être aussi heureux uniquement en découvrant un dessin animé ? Soixante ans après je ressens encore l’émotion qui m’a saisi dés les premières images et mon « départ » immédiat pour le pays des rêves avec la virginale Blanche-Neige et ses petits compagnons…. Pendant toute la durée du film je fis comme Alice : je traversais le voile de l’inconnaissance et du mystère et oubliais totalement la salle de cinéma et les autres spectateurs…. Je travaillais avec les nains, virevoltais avec Blanche-Neige, cavalais avec le Prince charmant, j’étais un acteur du film….
Le retour sur terre fut terrible, quand les dernières images disparurent et que les lumières se rallumèrent, il me fallut plusieurs minutes pour me rappeler ou j’étais et qui j’étais !! Je fus alors tout étonné de voir mon père et mon oncle se tordre de rire en regardant ma grand-mère Camille, et il fallut que mon frère m’explique ce qui se passait : ma pauvre grand-mère était comme moi, elle n’était jamais allé au cinéma, et elle ignorait qu’il fallait baisser le siège avant de s’asseoir …. Elle avait donc passé toute la séance perchée sur le tranchant du siège resté replié…. Comme elle était très petite, personne ne s’était aperçu de son étrange position !!
Quelle belle époque quand même, que celle de la naïveté et du rire bon enfant : la mésaventure de la grand-mère Camille au cinéma de Conflans-Sainte-Honorine fut rappelé maintes et maintes fois au cours des réunions familiales et tout le monde en riait, y compris la bonne Camille !!
Cadeaux de Noël
13:00 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : *De tout et de rien*, vive la vie, rëves et réalités
11.12.2006
Découragement...NIET...
17:27 Publié dans HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : *de tout et de rien*, vive la vie, rêves et réalités






