07.04.2007
TOUR de FRANCE en 201 Peugeot
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23.02.2007
Argenteuil ( Quand... ) rêvait !!
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15.12.2006
Conte de Noël
Cinéma familial
Pendant la semaine de Noël de l’an 1942, un de mes oncles, heureux possesseur d’une automobile à gazogène, nous proposa d’emmener toute la famille, mes parents, ma grand-mère, mon frère et moi, au cinéma de la ville voisine.
J’avais donc sept ans et n’avais aucune idée de ce qu’était le cinéma et encore moins une salle de cinéma, j’imaginais qu’il y avait beaucoup de fauteuils, de beaux décors, des lumières, mais tout cela allait être une découverte pour le petit villageois que j’étais…. Un détail dont je me souviens très bien, c’est qu’il faisait très froid dans la salle, car elle n’était pas chauffée, et tous les spectateurs étaient emmitouflés dans leurs manteaux, pardessus, cache-nez, casquettes et cagoules…
Dés que les lumières s’étaient éteintes, nous avions eu droit à un départ en fanfare avec les actualités Pathé et sa musique bien particulière, il me semble que l’on voyait le maréchal Pétain remettre des cadeaux à des enfants, puis prononcer quelques mots, puis des images à la gloire de la Wehrmacht quelque part en U.R.S.S….Ensuite ce fut un régal, une féerie accueillie par les cris d’enthousiasme des gamins quand apparurent sur l’écran les premières images de « Blanche-Neige et les Sept Nains » !! Quel bonheur pour pour des enfants sevrés de toutes distractions et de toutes douceurs, et aussi pour les adultes privés de tout superflu et assaillis de difficultés quotidiennes pour se nourrir…
La Belle , la Sorcière, Grincheux, Simplet, Joyeux, allant et venant, chantant, travaillant, allant au boulot, j’étais totalement ravi et béat !! Un enfant de sept ans peut-il aujourd’hui être aussi heureux uniquement en découvrant un dessin animé ? Soixante ans après je ressens encore l’émotion qui m’a saisi dés les premières images et mon « départ » immédiat pour le pays des rêves avec la virginale Blanche-Neige et ses petits compagnons…. Pendant toute la durée du film je fis comme Alice : je traversais le voile de l’inconnaissance et du mystère et oubliais totalement la salle de cinéma et les autres spectateurs…. Je travaillais avec les nains, virevoltais avec Blanche-Neige, cavalais avec le Prince charmant, j’étais un acteur du film….
Le retour sur terre fut terrible, quand les dernières images disparurent et que les lumières se rallumèrent, il me fallut plusieurs minutes pour me rappeler ou j’étais et qui j’étais !! Je fus alors tout étonné de voir mon père et mon oncle se tordre de rire en regardant ma grand-mère Camille, et il fallut que mon frère m’explique ce qui se passait : ma pauvre grand-mère était comme moi, elle n’était jamais allé au cinéma, et elle ignorait qu’il fallait baisser le siège avant de s’asseoir …. Elle avait donc passé toute la séance perchée sur le tranchant du siège resté replié…. Comme elle était très petite, personne ne s’était aperçu de son étrange position !!
Quelle belle époque quand même, que celle de la naïveté et du rire bon enfant : la mésaventure de la grand-mère Camille au cinéma de Conflans-Sainte-Honorine fut rappelé maintes et maintes fois au cours des réunions familiales et tout le monde en riait, y compris la bonne Camille !!
Cadeaux de Noël
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21.06.2006
CONFITURES
Il faisait chaud, très chaud, les persiennes de bois étaient fermées et à travers leurs fentes, le soleil tapissait le mur de rayures dorées. Une mouche, désespérée, à moitié collée sur le long ruban gommé qui pendait du plafond, faisait entendre les vibrations enragées de son agonie.
Il faisait d’autant plus chaud que la grande cuisinière de fonte était allumée, cela aurait pu surprendre des visiteurs en plein mois d’août, mais la raison en était toute simple : c’était une belle journée d’été consacrée aux confitures de prunes Reine-Claude !
Ah les Reine-Claude du jardin familial, c’était des merveilles de goût, de parfum, de miel, bien charnues, mûres à point, elles fondaient dans la bouche et nous enivraient de plaisir
Pour les confitures c’était ma mère la patronne, et elle n’autorisait la cueillette que lorsque les fruits étaient parfaitement murs, lorsque les plus avancées commençaient à éclater sous la poussée de la pulpe : toute la famille était réquisitionnée et la veille de bon matin nous partions en expédition . Une partie des pruniers se trouvait dans le jardin prés de la maison, l’autre partie se trouvait dans un verger à une petite heure de marche, au milieu des champs de blé. Mon père poussait une brouette chargée de cageots vides et de cueilloirs, mon frère et moi tirions une charrette à deux roues ou étaient posées deux échelles, ma mère surveillait les équipages, et portait le cabas avec le casse-croûte de midi. C’était une journée de bonheur, nous avions chaud, on cueillait tranquillement les prunes qui étaient stockées dans les cageots, mon père nous racontait des histoires abracadabrantes et nous avions des crises de fou rire, vers midi on s’asseyait à l’ombre pour manger un œuf dur et du pain, puis on s’étendait dans l’herbe pour une sieste bien méritée ! Dans la soirée, on chargeait la récolte sur les deux véhicules, on calait tant bien que mal les échelles et l’on rentrait à la maison, fourbus mais contents de nous, les cageots étaient empilés dans le cellier ou nous suivaient quelques guêpes enivrées par les sucs.
Le soir, ma mère veillait tard car elle lavait soigneusement tous ses pots, tous plus ou moins différents car récupérés au fil des années. Dans le long sous-sol qui servait de cuisine d’été, elle étalait un vieux drap blanc sur une grande table, et alignait ses pots qu’elle recouvrait de torchons. Sur une petite table elle préparait ses feuilles de « cellophane » carrées, un petit récipient et une éponge, sa réserve d’élastiques, une grande louche et quelques chiffons très propres.
Dés le matin du jour « J », mon cousin Roger et moi étions désignés comme volontaires pour le dénoyautage des prunes, nous passions une bonne partie de la matinée et le début de l’après midi à ouvrir les beaux fruits en deux, à en retirer les noyaux et à remplir des bassines. De temps en temps ma mère nous rappelait à l’ordre car les jeux et les dissipations de cet age tendre ne cessaient pas avec le travail, et il arrivait que quelques noyaux se retrouvent dans les fruits… quelques mois plus tard, un soir d’hiver, en dégustant les délicieuses confitures, certaines réactions étaient assez bruyantes, en particulier sur les risques de casse des « dentiers » ! Dés qu’une quantité suffisante de fruits était prête, ma mère les versait dans une belle bassine à confiture en cuivre, ou elle avait préparé un sirop concentré de sucre, et la cuisson commençait doucement… Au fil des heures, la chaleur dégagée par la cuisinière s’ajoutant à la canicule estivale, nous prenions des pommettes rouges et la sueur nous perlait sous les cheveux.
Quand la première cuisson arrivait à terme, ma mère grattait le pourtour bordant la confiture et nous offrait le nectar dans une soucoupe en ajoutant un peu de mousse affleurant la partie supérieure de la marmelade, c’était notre récompense … Qui n’a pas goûté cette merveille de finesse et de parfum ne peut pas se prétendre épicurien… épicurien dans le vrai sens du terme : la jouissance immédiate, aisée, facile de toutes les choses simples qui nous sont offertes par la nature. Puis elle transportait, avec force précautions, la bassine prés des pots préparés la veille, en confiant la deuxième « fournée » à la grand-mère. Elle nettoyait une dernière fois tous ses ustensiles et commençait à remplir graduellement ses pots avec une grande louche, en alternant les fruits presque confits et la marmelade, essuyant les coulures éventuelles avec une petite éponge. La cérémonie du transport de la bassine et du remplissage des pots se renouvelait trois ou quatre fois dans l’après-midi jusqu’au moment ou toutes les tables étaient couvertes de pots bien remplis et prêts à être recouverts de la fameuse pellicule de cellophane.
Nous, les gamins, notre mission accomplie, aurions pu filer jouer ou nous balader, mais nous restions là, dans la pénombre, un peu enivrés par la multitude d’odeurs caractéristiques de la cuisson des prunes Reine-Claude, et fascinés par la dextérité de ma mère remplissant les pots calmement et régulièrement. Vers seize heures, à l’heure de « goûter » ma mère faisait griller quelques tranches de gros pain et nous avions l’honneur de goûter les confitures nouvelles.
C’étaient des journées de bonheur, un peu en dehors du temps et du monde ou se déroulaient des événements sanglants et désastreux, ou même devant notre porte passaient et repassaient des soldats de l’armée d’occupation de la Wehrmacht , les seuls bruits nous atteignant étant les glouglous de la confiture bouillonnante, le tic-tac de la vieille pendule à balancier et les rires d’ enfants parvenant étouffés aux adultes car protégés par le voile d’Alice au Pays des Merveilles.
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14.05.2006
Bécassine LE RETOUR
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09.05.2006
Grand-Père Noël
De chantier en chantier de constructions de lignes de chemin de fer, ils habitèrent dans différentes régions de France, jusqu’au jour, vers 1925 ou Noël passa sous un wagonnet, il resta de nombreux mois à l’hôpital et en ressortit handicapé et inapte au travail.
Quand je l’ai connu il vivotait de sa petite pension, élevait des lapins, faisait son jardin et ….fumait sa pipe. Fumer sa pipe était son seul luxe, il en fumait trois ou quatre par jour en les faisant durer le plus longtemps possible, pour les fêtes il se permettait un cigare barreau de chaise qui empestait la maison.
Avec le recul du temps je me rends compte que mes grands parents vivaient dans une extrême pauvreté, souvent j’ai vu le grand-père dîner d’une tranche de gros pain sur laquelle il étalait un peu de saindoux salé et poivré, et d’un gros ognon qu’il découpait en lamelles, le tout arrosé d’un peu de vin coupé d’eau. Les traditions italo-méditerranéennes les ayant beaucoup marqués, Noël et Camille se vouvoyèrent jusqu’à leur mort survenue à plus de quatre-vingts ans, souvent j’ai vu la grand-mère manger sa soupe, debout prés du poêle, pendant que le grand-père dînait seul à table.
Comme la plupart des immigrés, le grand-père Noël a rêvé de pouvoir retourner dans son Piémont natal, je crois qu’il y est allé une fois, seul, pour assister à un enterrement, il n’ a jamais revu son pays avant sa mort, l’envie ne lui manquait pas de partir, mais il aurait sûrement aimé pouvoir montrer une certaine aisance matérielle et sa situation financière ne le lui permettait pas.
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21.03.2006
OLFACTIONS !!

Une autre odeur qui me transporte un demi-siècle en arrière, c’est celle de la paille fraîchement coupée : si je passe près d’un champ moissonné depuis peu , je me revois gamin marchant derrière une moissonneuse lieuse tirée par des chevaux. Pendant des heures on suivait la machine, bercé par le tac-a-tac du mécanisme, d’un côté une longue lame coupante animée coupait les tiges et nous envoyait à la figure cette bonne odeur de paille chaude, puis un tapis roulant emmenait le blé vers des griffes qui en faisaient une gerbe bien roulée qui était percée par deux espèces d’aiguille qui introduisaient la ficelle qui liait la botte. Quand on arrivait au centre du champ et qu’il ne restait qu’un petit carré de céréales, on percevait une grande agitation et d’un seul coup, dans la panique, une troupe de lapereaux et de petits perdreaux affolés s’égayait dans tous les sens….
Dans ma mémoire olfactive il y a d ‘autres odeurs enregistrées, mais les deux odeurs qui amènent une réactivation immédiate des souvenirs sont les deux que je viens de citer : dès qu’elles se présentent à mon nez, je ne peux pas lutter contre l’afflux de souvenirs.
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06.02.2006
Quand revoiray-je, hélas...

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10.01.2006
Du rêve à l'état pur !!
Six lampes des séries « miniature », dont un « ŒIL MAGIQUE », haut-parleur de 19 cm, puissant et musical, tonalité réglable. Quatre gammes d’ondes: OC, OM, PO, GO, permettant de recevoir Paris-Inter, Monte-Carlo, Andorre, etc. Prise pour pick-up, adaptateur 110 et 220 Volts.
Nos postes sont livrés avec une antenne d’intérieur, une prise de courant, 2m de fil, et une notice de mise en marche.
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24.11.2005
PINOT le SIAMOIS

Quand nous étions allés chercher Monsieur Pinot, il n’était encore qu’un petit siamois tout juste sevré : dans la grande panière ils étaient trois, aussi beaux les uns que les autres… Mais il fut le premier à lancer une patte vers la main de ma fille qui voulait les caresser, et l fut immédiatement choisi.
Le vendeur, un gros monsieur dont le pantalon état retenu par une ficelle, fut tout à fait satisfait quand il saisit les trois billets de cent francs promis….
Très rapidement, l’ami Pinot prit du poids et atteint sa taille d’adulte, il faisait le bonheur de ma fille qui passait des heures à essayer de lui apprendre quelques civilités… Il devint vite la vedette de la maison, tant par ces facéties et ses courses folles que par ses feulements désespérés qui nous glaçaient le sang… Les siamois sont un peu à part dans la famille des chats, ils se comportent différemment et sont aptes à apprendre certaines choses : Pinot était devenu un goal exceptionnel, on lui shotait des balles de ping-pong à toute vitesse et il les bloquait toutes…
L’été suivant nous partîmes en vacances dans un petit village du Limousin ou nous avions loué un gîte. Dés le premier soir, maître Pinot prit la poudre d’escampette…. On le retrouva à vingt deux heures au milieu des tombes du vieux cimetière… Et tous les matins, dés qu’il avait bu son lait, il filait dans la campagne environnante, courait les bois et les prés, chassant je suppose car quand il rentrait à la nuit tombée, il n’était pas spécialement affamé … A la suite de je ne sais quelle aventure, on le vit arriver sur la petite route, un après-midi, fier comme Artaban, le poil hérissé et gonflé…
La veille du départ, on lui mit un collier et on l’attacha au pied du lit… afin d’être sur de l’avoir sous la main au moment du départ….
Environ deux mois après notre retour, on constata que le brave Pinot n’était pas très dynamique, les jeux ne l’intéressait plus, plus de courses dans la maison… au début on attribua cela au fait qu’il devenait adulte ou qu’il avait un grand chagrin d’amour !! Mais un jour il fallu le faire voir par un vétérinaire, qui l’examina longuement, et nous posa de nombreuses questions.. Il lui fit une piqûre, prescrivit un traitement, et nous dit d’un air assez sceptique de revenir le voir dans dix jours, il supposait que notre chat avait attrapé une forme de typhus et avait une chance sur deux de s’en sortir…
Les premiers jours, les médicaments durent faire effet, l’ami Pinot avait repris un peu de vigueur, mais il fallu vite déchanter : il ne bougeait plus de son panier, ne mangeait plus et semblait nous reprocher de le mal soigner …Quelques jours après, je l’avais pris sur mes genoux, et le caressai doucement sous le menton comme cela lui faisait tant plaisir avant, quand ma fille rentra dans le salon et se mit à crier « il est mort », je ne m’étais rendu compte de rien, mais elle, en arrivant avait vu ses yeux chavirés. Ce fut un choc énorme pour toute la famille, pour ma fille en particulier, mais j’avoue que j’eus moi-même un énorme chagrin, car ce chat avait pris une place incroyable dans notre vie.
On prit vite la décision d’aller l’enterrer dans la foret… J’allais chercher une caissette en bois, allongeai le cher Pinot le mieux possible et refermai le petit cercueil en laissant échapper une larme… Nous choisîmes un gros chêne, en plein milieu d’une futaie , je creusai un trou très profond, y déposai la caissette, puis je posai dessus trois grosses pierres, et comblai le trou avec de la terre et de la mousse… Là, au moins, notre ami Pinot serait au calme et pourrait courir en toute liberté comme il ne l’avait fait qu’un seul été….
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