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29/03/2008

MARGINALEMENT VOTRE...!

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Etre « AUTRE »

Ou

Le paradoxe spirituel

Ou

Le renoncement libérateur

                « Même parmi les bêtes, Jésus préfère celles qui s’éloignent le plus de la prudence du renard. Aussi choisit-il l’âne pour monture, quand il aurait pu, s’il l’avait voulu, cheminer sur le dos d’un lion. »

     Erasme  

 Eloge de la folie  

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours fait l’âne, ça doit être inné chez moi…. Plus tard, paraître un âne aux yeux de mes proches, de mes collègues ou de mes concitoyens, m’a toujours amusé, et c’est un formidable moyen d’apprentissage et de connaissances : donner de l’importance à l’ego des autres les transforme en donneurs de leçons….Et ce n’est pas si facile de vivre comme un âne,  jouer le rôle de l’âne devient vite une gageure : la réalité des faits et des réactions l’emporte vite sur le virtuel….

Etre un âne dans le MONDE des êtres humains, et certainement depuis toujours, tout au moins depuis très, très longtemps, c’est :

       Etre fidèle dans tous ses engagements

      Faire confiance aux autres

        Mépriser le surplus d’argent

        Croire en une Déité

        Ne pas se prendre au sérieux

       Vivre au jour le jour

        Aimer la vie comme elle se présente

        Ne pas accumuler l’argent

        Laisser passer les injures

        Ne jamais jalouser les autres

        Imiter Jésus fils d’ouvrier

        Ne posséder que le nécessaire pour vivre

        Dédaigner le luxe dans tous les domaines

        Ne pas suivre la foule

        Manger le minimum pour vivre

        Donner du temps gracieusement

        Transmettre gratuitement ses connaissances

        Louer Dieu pour ce qu’il donne et ce qu’il prend

        Dédaigner le pouvoir et l’ambition  

Comme le fameux « pèlerin russe », j’ai du toujours paraître bizarre, rêveur, désaxé, et même peut-être asocial, aux gens que je côtoyais, car je n’ai jamais pris au sérieux les préoccupations matérielles qui remplissent l’esprit de tant de gens…. A la limite même , professionnellement, j’ai du être parfaitement insupportable aussi bien pour mes pairs, que pour mes subordonnés, que pour mes supérieurs, aucun n’étant arrivé à percer la carapace intemporelle du contemplatif…. Combien ais-je du paraître débile en disant, à 25, 35, 45, et même à 70 ans, «  je vis pour vivre »…. Pas pour décrocher des diplômes, des places, des honneurs et surtout pas pour gagner du fric … Pourtant des occasions en or se sont présentées à moi, mais je les ai toujours dédaignées, car lorsque l’on a mis le doigt dans l’engrenage de vouloir remplir et toujours remplir son compte en banque, il n’y a plus de limites, le seul but devient de vouloir gagner toujours plus, encore plus….

La seule et unique énergie qui m’a toujours animée et qui anime encore le septuagénaire que je suis, c’est la vie intérieure, la culture de la vie intérieure, l’entretien de la vie intérieure, la recherche permanente de tout ce qui peut l’alimenter et la faire prospérer…. Jean-Yves Leloup dit quelque part «  le solitaire vit dans cette coïncidence avec l’Energie Créatrice. Ne faisant qu’un avec cet infini et ce jaillissement, il ne fait qu’un avec toutes choses …. » Plus prosaïquement, c’est exactement cela…. quand je fais une sauce béchamel, je « suis » la sauce béchamel…. quand je fais une soudure autogène, je « suis » le métal en fusion…. quand je marche dans le désert, je suis le sable, les rochers, le vent, le soleil infernal…. quand j’écris, je suis le papier qui reçoit l’écriture et le crayon qui trace ces lignes…quand je médite, je ne suis que méditation, je ne demande rien, je n’exige rien, je n’existe même plus….

Lorsque l’on atteint un certain niveau de détachement du monde, détachement plus ou moins inné au départ, puis lorsque vous découvrez, au fil des aléas et difficultés de la vie, le trésor qui gît à l’intérieur de vous mêmes, une espèce de grâce permanente vous envahit et vous permet de traverser les joies et les malheurs un peu comme un schizophrène, en marchant à côté de vos pompes, mais tout en étant conscient d’exister et de participer à la grande sarabande humaine… Au milieu de jeux bruyants ou d’une liesse carnavalesque, ou des pires situations, quand des balles sifflent, quand une bombe explose dans un café à quelques dizaines de mètres, rien ne vient troubler votre paix intérieure comme si la mort n’existait pas : on est là sur terre pour vivre, le plus possible en osmose avec les éléments naturels, il n’y a rien de positif ou de négatif, « IL Y A », un point c’est tout….

Je suis presque persuadé que chaque être humain, à sa naissance, possède une espèce « d’étincelle divine », cela se voit souvent dans le regard des petits enfants, mais la pédagogie tortueuse des esprits des adultes fait tout pour étouffer cette étincelle…. Ce qui fait que le corps physique et l’âme, qui ne devraient être que les cocons et la matière agissante dirigées par «  L’ESPRIT », prennent le dessus, oublient l’étincelle d’immortalité, et supportent leur existence comme une malédiction, une punition de Dieu ou de la Nature….Lorsque son corps est habité de l’étincelle divine, un individu ne voit dans les autres êtres humains, qu’ils soient rois ou péons,  que des  humanoïdes exactement semblables…. Il lui est impossible de faire une hiérarchie entre les êtres , pour lui le docteur es sciences et le débile léger sont exactement les mêmes créatures, car ce qui est paradoxal dans ce monde ou l’on prend «  la science » au sérieux, et qui fait presque l’objet d’un culte, c’est que la dite science est née dans l’esprit de quelques cerveaux exubérants et inventifs, uniquement pour se distraire…..

Ce qui est extrêmement mystérieux et incompréhensible lorsque l’on vit en permanence dans cet état double-vie, la vie « normale » à mener chaque jour comme tout un chacun, et  l’accompagnement perpétuel de cet espèce d’ectoplasme spirituel, on ne peut transmettre à quiconque le moindre enseignement… ça ne passe pas, on ne peut pas se faire comprendre logiquement, ou alors beaucoup de gens interprètent un geste ou une parole, et les gardent en eux comme exemple ou comme réconfort …. ? Certaines personnes me l’ont dit dix ou vingt ans après…. ? Le silence et la contemplation sont les seuls recours possibles, c’était d’ailleurs l’ultime message des Maîtres du Désert, Antoine et Macaire….

                 A une certaine époque de l’histoire des terriens, il est à peu prés certain que beaucoup d’individus possédaient la faculté de naviguer d’un versant du monde à l’autre, du monde physique et terre à terre au monde spirituel et évanescent, cela devait paraître tout à fait naturel, la plupart des individus conservant toute leur vie l’étincelle divine…. Mais dans le monde matérialiste et barbare d’aujourd’hui, il doit y en avoir assez peu, la plupart des individus ayant perdu l’innocence et la faculté de danser entre les univers physiques et transcendants, faculté qui devait être si naturelle aux cultures enracinées dans le sacré.

La fin et le début, le début et la fin, avoir l’innocence de l’âne et l’étincelle divine du contemplatif, ou avoir l’orgueil du lion et sa désespérance…. Question de choix, et dilemme pour les hommes dits éduqués du XXIme siècle, assoiffés de biens matériels et toujours insatisfaits…. La solution est simple, Christiane Singer le dit simplement « Ou cours-tu ?  Ne sais-tu pas que le ciel est en toi… »

« Celui-là est véritablement pèlerin et étranger qui vit dans le monde sans entendre la langue du monde et comme parlant une langue que le monde n’entend pas…. »                                                              

                                                        Jean Climaque

Voies et Voix

Erasme

Bourricot and co

Foi de charbonnier

Antoine

Macaire

Renoncement

Renoncement II

Tradition hésychaste

La prière de Jésus

Voie du pèlerin russe

Cheminement spirituel

Trésor en soi

Jean-Yves Leloup

Jean Climaque

L’homme intérieur

Ou cours-tu ?

                       

 

                                                                

 

15/03/2008

ALLELUIA...ALLELUIA...!!

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Pâques et résurrection

Nature en fête

Alléluia…Alléluia.. !

 

                 Se « savoir » pêcheur, bon, ce n’est pas mauvais, car c’est le seul et unique « contrôleur » de conscience que peuvent posséder en eux-mêmes, les êtres humains, le seul « contacteur » interne pouvant allumer la petite lumière de la charité et de l’espérance, et le seul « interrupteur » interne pouvant freiner ou stopper l’esprit du mal qui est en chacun de nous… Mais pourquoi l’Eglise catholique s’obstine-t-elle à vouloir transformer ses ouailles en parangons du mal éternellement voués à la vindicte divine, obligés de courber la tête et à se confire en prières de repentance…. ?

Il ne s’agit pas ici de faire du prosélytisme pour l’Eglise Orthodoxe ( ou les Eglises Orthodoxes ) , mais il faut bien admettre que son credo est beaucoup plus encourageant  et joyeux pour les chrétiens de base que nous sommes, que celui des catholiques qui tend à nous apprendre à nous écraser… !!

Les Semaines Saintes sont l’occasion de voir et d’entendre les différentes manifestations chrétiennes aux quatre coins du monde… Pilate, le Chemin de Croix, la couronne d’épines, Véronique, Simon de Cyrène, le Golgotha, la croix, les clous, la lance meurtrière, le vinaigre, d’accord ; il faut se rappeler le sacrifice du Christ, pour nous sauver, mais il a bien dit qu’il faisait cela pour racheter les pêchés de tous les hommes, de tous les vivants existants et à venir et de tous les morts… !! Alors, il me semble que c’est faire injure au Sauveur que de ne pas le croire, si nous persistons à nous prendre pour des diablotins voués à la perdition, alors qu’il nous demande de crier, de chanter, de psalmodier…. Alléluia…alléluia…Christ est ressuscité… !! Et vivre notre temps sur la terre avec le sourire, même au milieu des difficultés et des tourments que la société et la dureté du cœur des hommes nous impose….

Il semble que depuis quelques années les différentes confessions du christianisme tendent à nouer des relations au plus haut niveau et à ajuster leurs violons, c’est bien, mais quelle lenteur, quelle inertie, que de ratiocinations verbeuses de théologiens encalminés dans leurs préceptes et leurs affirmations orgueilleuses… Jean-Paul II  avait toutes les qualités pour faire aboutir des rapprochements essentiels, il a fait énormément de choses extraordinaires, mais il était trop formaté par les traditions catholiques sulpiciennes, et trop méfiant à l’égard de l’Eglise Orthodoxe russe pour faire aboutir ce projet là. Mais rien n’empêche les croyants lambdas de toutes les confessions d’aller voir et écouter ce qui se passe chez leurs frères chrétiens, on peut pousser et ouvrir toutes les portes, que ce soient celles des églises catholiques, orthodoxes ou des temples protestants, le diable n’est pas forcément  cantonné dans l’édifice d’en face… !! On peut même pousser la porte d’une mosquée, d’une synagogue, ou d’une pagode, les chemins sont nombreux  pour marcher vers Dieu, et il y a des hommes et des femmes honnêtes et accueillants partout.

Bientôt nous allons fêter Pâques, avec son cortège de traditions et de coutumes particulières à chaque pays, à chaque région, participer ou non aux offices, suivre la Passion, porter la Croix, souffrir avec Marie et les femmes de Jérusalem, sentir les clous dans nos mains avec Jésus, descendre aux enfers, faire silence dans la nuit du samedi saint, puis, comme le Christ, ressusciter…. !! Puis faire ce que nous avons à faire sur la terre, vivre pleinement, généreusement, joyeusement, accepter aussi de porter sa propre croix et ses soucis, mais profiter chaque jour de la vie que Dieu nous donne, aimer ses proches et son prochain, déguster les bonnes choses que la terre nous donne, ne pas désirer trop de biens matériels, rire, regarder les enfants grandir, ne pas se soucier des ans qui passent et se préparer tranquillement et sereinement à la mort…

« D’abord, je m’aperçus que l’atmosphère vibrante dont s’auréolait le Christ n’était pas confinée dans une petite épaisseur autour de Lui, mais s’irradiait à l’infini. Il y passait, de temps en temps, comme des traînées de phosphorescence, trahissant un jaillissement continu jusqu’aux sphères extrêmes de la Matière, dessinant une sorte de plexus sanguin ou de réseau nerveux courant à travers toute une Vie ». L’univers entier vibrait ! ( Pierre Teilhard de Chardin «  Hymne de l’Univers » )

Faire ses Pâques

La Passion

Véronique

Nuit avant Pâques

Pâques

Christ est ressuscité

Résurrection

Portail Christianisme

Jésus et les femmes

De la joie en Christ

Mystères glorieux

Alléluia

               

 

 

 

13/01/2008

SOUFFRANCE et MALHEUR

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( Le Bernin Piéta )

L’amour de Dieu et le malheur

  Dans le domaine de la souffrance, le malheur est une chose à part, spécifique, irréductible. Il est tout autre chose que la simple souffrance. Il s’empare de l’âme et la marque, jusqu’au fond, d’une marque qui n’appartient qu’à lui, la marque de l’esclavage…. 

  Le malheur est un déracinement de la vie, un équivalent plus ou moins atténué de la mort, rendu irrésistiblement présent à l’âme par l’atteinte ou l’appréhension immédiate de la douleur physique…..

  Il n’y a vraiment malheur que si l’événement qui a saisi une vie et l’a déracinée l’atteint directement ou indirectement dans toutes ses parties sociales , psychologiques, physiques. Le facteur social est essentiel. Il n’y a pas vraiment malheur là ou il n’y a pas sous une forme quelconque déchéance sociale ou appréhension d’une telle déchéance….. 

  Quand on frappe avec un marteau sur un clou, le choc reçu par la large tête du clou passe tout entier dans la pointe, sans que rien s’en perde, quoiqu’elle ne soit qu’un point. Si le marteau et la tête du clou étaient infiniment grands, tout se passerait encore de même. La pointe du clou transmettrait au point sur lequel elle est appliquée ce choc infini. L’extrême malheur, qui est à la fois, douleur physique, détresse de l’âme et dégradation sociale, constitue ce clou. La pointe est appliquée au centre même de l’âme. La tête du clou est toute la nécessité éparse à travers la totalité de l’espace et du temps…..

      L’être humain à qui pareille chose arrive n’a aucune part à cette opération . Il se débat comme un papillon qu’on épingle vivant sur un album. Mais il peut à travers l’horreur continuer à vouloir aimer. Il n’y a à cela aucune impossibilité, aucun obstacle, on pourrait presque dire aucune difficulté. Car la douleur la plus grande, tant qu’elle est en deçà de l’évanouissement, ne touche pas à ce point de l’âme qui consent à une bonne orientation.

Il faut seulement savoir que l’amour est une orientation et non pas un état d’âme. Si on l’ignore, on tombe dans le désespoir dés la première atteinte du malheur….

  Par dessus l’infinité de l’espace et du temps, l’amour infiniment plus infini de Dieu vient nous saisir. Il vient à son heure. Nous avons le pouvoir de consentir à l’accueillir ou de  refuser. Si nous restons sourds il revient et revient encore comme un mendiant, mais aussi comme un mendiant, un jour ne revient plus. Si un jour nous consentons , Dieu met en nous une petite graine et s’en va….

( Extraits de «  Attente de Dieu » de Simone Weil )

 

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