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24/11/2005

PINOT le SIAMOIS

 

Les vacances de Pinot
 
 
 

            

Quand nous étions allés chercher Monsieur Pinot, il n’était encore qu’un petit siamois tout juste sevré : dans la grande panière ils étaient trois, aussi beaux les uns que les autres… Mais il fut le premier à lancer une patte vers la main de ma fille qui voulait les caresser, et l fut immédiatement choisi.


Le vendeur, un gros monsieur dont le pantalon état retenu par une ficelle, fut tout à fait satisfait quand il saisit les trois billets de cent francs promis….
 
Très rapidement, l’ami Pinot prit du poids et atteint sa taille d’adulte, il faisait le bonheur de ma fille qui passait des heures à essayer de lui apprendre quelques civilités… Il devint vite la vedette de la maison, tant par ces facéties et ses courses folles que par ses feulements désespérés qui nous glaçaient le sang…  Les siamois sont un peu à part dans la famille des chats, ils se comportent différemment et sont aptes à apprendre certaines choses : Pinot était devenu un goal exceptionnel, on lui shotait  des balles de ping-pong à toute vitesse et il les bloquait toutes…
 
L’été suivant nous partîmes en vacances dans un petit village du Limousin ou nous avions loué un gîte. Dés le premier soir, maître Pinot prit la poudre d’escampette…. On le retrouva à vingt deux heures au milieu des tombes du vieux cimetière…  Et tous les matins, dés qu’il avait bu son lait, il filait dans la campagne environnante, courait les bois et les prés, chassant je suppose car quand il rentrait à la nuit tombée, il n’était pas spécialement affamé … A la suite de je ne sais quelle aventure, on le vit arriver sur la petite route, un après-midi, fier comme Artaban, le poil hérissé et gonflé…
 
La veille du départ, on lui mit un collier et on l’attacha au pied du lit… afin d’être sur de l’avoir sous la main au moment du départ….
 
Environ deux mois après notre retour, on constata que le brave Pinot n’était pas très dynamique, les jeux ne l’intéressait plus, plus de courses dans la maison… au début on attribua cela au fait qu’il devenait adulte ou qu’il avait un grand chagrin d’amour !! Mais un jour il fallu le faire voir par un vétérinaire, qui l’examina longuement, et nous posa de nombreuses questions..  Il lui fit une piqûre,  prescrivit un traitement, et nous dit d’un air assez sceptique de revenir le voir dans dix jours, il supposait que notre chat avait attrapé une forme de typhus et avait une chance sur deux de s’en sortir…
 
Les premiers jours, les médicaments durent faire effet, l’ami Pinot avait repris un peu de vigueur, mais il fallu vite déchanter : il ne bougeait plus de son panier, ne mangeait plus et semblait nous reprocher de le mal soigner …Quelques jours après, je l’avais pris sur mes genoux, et le caressai doucement  sous le menton comme cela lui faisait tant plaisir avant, quand ma fille rentra dans le salon et se mit à crier « il est mort », je ne m’étais rendu compte de rien, mais elle, en arrivant avait vu ses yeux chavirés. Ce fut un choc énorme pour toute la famille, pour ma fille en particulier, mais j’avoue que j’eus moi-même un énorme chagrin, car ce chat avait pris une place incroyable dans notre vie.
 

On prit vite la décision d’aller l’enterrer dans la foret… J’allais chercher une caissette en bois, allongeai le cher Pinot le mieux possible et refermai le petit cercueil en laissant échapper une larme…  Nous choisîmes un gros chêne, en plein milieu d’une futaie , je creusai un trou très profond, y déposai la caissette, puis je posai dessus trois grosses pierres, et comblai le trou avec de la terre et de la mousse… Là, au moins, notre ami Pinot serait au calme et pourrait courir en toute liberté comme il ne l’avait fait qu’un seul été….

11:50 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (3)