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01/05/2011

ALZHEIMER... PARLER...DIRE...

 

 

 

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Séparation poignante et inexorable…

 

 

 

 

IL est un peu plus de 11 H, je rentre à la maison, j’ai accompagné  Andrée, mon épouse,  à l’EHPAD de la Maison de Retraite voisine ou elle est entrée ce matin. En fin de compte cela s'est assez bien passé, nous lui avons expliqué pendant plusieurs jours que je ne pouvais plus la garder à la maison, mais comme Andrée ne sait plus du tout ou elle est, je ne lui ais rien dit en partant, , nous avons pris le sac habituel pour l'Accueil de Jour, nous sommes entrés dans la maison de retraite, la directrice nous attendait, elle est partie avec Andrée, pendant que je faisais des formalités... 

 

Ce matin vers 9H, nous avons bu notre dernier café ensemble, Andrée et moi. A la radio, en sourdine, on entendait le célèbre  tube  des années 50, « Petite Fleur »  interprétée par Sydney Bechett  avec talent  à la clarinette et qui en composa les paroles ..

 

." N'aies pas peur,

Cueillie au fond d'un cœur

Une petite fleur

Jamais ne meurt. "

 

Il faut dire simplement que je commençais à être complètement débordé, il arrive un moment ou la bonne volonté et le courage ne suffisent plus, vu la régression de l'état de Andrée depuis un mois et demi, il me fallait être au four et au moulin jour et nuit, et à septante sept printemps, on arrive assez vite à ses limites physiques... Ajouter à cela son incapacité à dire ce dont elle avait besoin, y compris pour se déplacer dans la maison, il était temps qu'elle entre dans une institution ou les choses sont facilitées par une organisation adéquate et bienveillante en même temps

 

La proposition d’une chambre, aménagée Alzheimer,  le 3 avril, m'a paru être une aide de la providence, au bon moment...  Quoique la décision soit très, très difficile à prendre... peut-être que c'est plus facile d'emmener son père ou sa mère dans ce genre d'établissement, quoique que... mais y emmener son mari ou sa femme, cela devient une épreuve très éprouvante et anxiogène ....

 

Le jardin est fleuri, le tamaris, la glycine, le lilas, les iris, les clématites naines, sont en fleurs, cela console un peu de la tristesse ambiante.. mais c’est une maigre consolation.

 

Que vais-je faire demain… ? Après-demain… ? Comment accepter de rayer de son existence 53 années de vie commune et d’amour partagé… ? Les psychothérapeutes de tous poils savent bien envelopper tout cela dans un tissu pseudo- consolateur …  « il faut que vous fassiez le deuil de ce demi-siècle de vie familiale… ». Bon, et puis après, il est impossible de n’être pas obsédé par la pensée de votre compagne enfermée, dans un certain confort certes, mais enfermée quand même, pour le restant de ses jours… 

 

 

jeudi 14 avril 2011