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09/11/2009

SPIRITUALITE ou RIEN...

 

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La spiritualité

 

Ou

 

RIEN

 

Au départ de cette réflexion, un extrait de texte  d’un professeur d’histoire en retraite, dénommé Henri,  un sage si l’on peut dire, longuement biberonné, nourri, abreuvé, enveloppé dans la chaude enveloppe capitonnée de l’Education Nationale Française… Inutile de préciser que pour Henri, le seul objectif possible de la réflexion humaine ne peut être issu que des Lumières, et des génies qui les ont fait prospérer, Rousseau, Saint-Simon, Marx, Nietzsche, Freud, Jaurès, Sartre et Bourdieu, et que tout le bonheur des humains ne viendra que de la Raison, de la Science et de l’Absurde…Bien entendu, Henri croit dur comme fer que l’idée de l’Ecole Républicaine et Obligatoire de Jules Ferry  va durer mille ans, comme devait le faire le Grand Reich… Alors que le concept est presque mort et enterré, aujourd’hui, tout élève moyen peut faire des études sérieuses jusqu’en maîtrise en s’abonnant à un cours sur Internet, alors….un jour…  un seul prof pour 1000 élèves sera largement suffisant… Quand aux autres supposés élèves ignares et marginaux,  à qui il faut dispenser la bonne parole laïque et républicaine, ils s’en foutent totalement, et sont capables de se démerder par eux-mêmes… 

 

« J'ai lu votre document concernant la spiritualité. C'est un sujet complexe qui m'interpelle beaucoup. Je suis moins catégorique que vous sur l'évolution négative de sociétés car je suis persuadé que les sociétés anciennes entièrement dominées par les croyances religieuses n'étaient pas  tellement enviables
A  mon sens nous sommes devant une situation inédite pour les humains : nous n'avons plus à nous inquiéter de notre survie de chaque jour, les principaux fléaux, famines, épidémies, sont jugulés. Les angoisses qui étreignaient nos ancêtres sont abolies. Le recours aux religions  a perdu son intérêt.

Mais en même temps une sorte de vide touche les gens : comment occuper son esprit, ses forces, ses ambitions ? Le système nous pousse vers une surenchère de satisfactions matérielles, ce qui aujourd'hui montre ses limites. D'où une recherche de solutions exotiques ou fumeuses comme vous l'avez écrit ( bouddhisme, de confucianisme, de lumières, de yoga, de communisme, de judo, de malthusianisme, de sexe, de goinfrerie,  de jouissances barbares,  de chamanisme, d’ésotérismes branchés, de modes illusoires et fugitives….) »

Je commencerai par dire que le plus époustouflant résultat de l’idéologie humaniste des Lumières est d’avoir fait des l’argent le seul élément tangible de valeur humaine… En ce début de XXI me siècle, tout ce qui a pu constituer pour les vieilles carnes comme moi, les règles essentielles de comportement et d’action, comme le courage, l’honnêteté, la confiance, le respect, la parole donnée, sont passées à la  trappe de la réussite matérielle par l’écrasement d’un maximum de personnes…Première constatation immédiate dans ce monde en folie, les seuls endroits ou l’on puisse trouver un échantillon de société ou l’argent ne soit qu’un élément très subsidiaire, uniquement destiné à permettre des achats et des échanges de fournitures élémentaires,  sont tous des lieux consacrés à la recherche de la spiritualité  et à l’approfondissement de l’intériorité, quelque soient la religion ou la confession concernée. 

Quand Henri me dit «  nous n’avons plus à nous inquiéter pour notre survie de chaque jour »…, beau résultat matériel, la « grande bouffe , les fringues made in china, le HLM standardisé pour tous…. !! Mais quel gâchis humain et spirituel, la meilleure illustration m’est venu pendant l’écriture de ces lignes : l’arrivée à Marseille des supporters de l’équipe de football du Paris Saint Germain, venant assister à la grand-messe barbare d’un match contre Marseille, et, privés de leur célébration quasi religieuse de ballon rond, se battant comme des chiens avec leurs coreligionnaires phocéens… Car, il faut bien le dire, les matchs de foot sont des rites religieux, venus remplacer les grandes cérémonies catholiques d’antan, messes, processions, pardons, pèlerinages, communions solennelles, cérémonies de mariage… L’énorme différence est que les premiers sont des bêtes dénuées de tout espèce de discernement et de respect d’autrui, les autres étaient le fruit d’une lente construction spirituelle de deux mille ans de christianisme, et que chaque individu possédait la petite flamme intérieure qui en faisait un individu à part entière… Le même jour , j’ai vu un reportage télé sur les Esquimaux  du Groenland, ou le fameux «  progrès matérialiste » a gagné la partie en quelques décennies, et ou l’on voit les jeunes courir dans les supermarchés, chanter du rap et bouffer de la merdouille de  Mac Do, et à la fin, une vieille Esquimaude,   à la peau parcheminée, disait aux jeunes :  « on vous a tout donné, des maisons, des moto-neiges, des supermarchés, du chauffage, des ordinateurs, des téléphones portables, des vêtements, mais on vous a volé votre âme, et un être humain sans âme, dans le monde, c’est pire qu’une bête… » Cela me semble aussi un résultat directe de l’idéologie des Lumières : assurer la bouffe, le vêtement, le toit, voilà ce qui est raisonnable et sensé… balayons, foutons aux ordures tout ce qui peut ressembler à un esprit, à une foi religieuse, à une explication cosmologique du monde, à un respect tutélaire de toute la Création animale et végétale, et surtout, surtout, rigolons, marrons-nous, bidonnons-nous de tout ce qui peut s’apparenter aux relations mystiques de certains individus avec le cosmos ou Dieu, afin de balayer l’espérance de la transcendance….Il est assez symptomatique de constater le désespoir ambiant chez les jeunes, quelque soit leurs origine sociale et leurs diplômes, pour un vieux grognard de 75 ans comme moi, c’est assez ahurissant, car j’ai été enfant et adolescent pendant les «  années noires », nous n’avions rien, les villes étaient détruites, les entreprises peinaient à redémarrer, la nourriture était rationnée, nos vêtements étaient rapiécées, pourtant je ne me rappelle pas avoir connu un copain désespéré, chacun travaillait de mille métiers tous plus ou moins mal payés, mais nous avions au fond de nous, profondément enracinée, la bonne vieille espérance chrétienne, insufflée par nos curés bien entendu, mais aussi par notre  famille, notre entourage, les traditions de la piété populaire… Bah oui, c’était irrationnel, c’était religieux, c’était mystique,  et cela concernait les catholiques, bien sur, mais aussi tous les autres jeunes de cette époque, car, bizarrement, pour le peuple, le communisme était une religion, tout aussi irrationnelle que le christianisme ou l’islam….  

L’Histoire avance à une telle vitesse depuis quelques décennies, que l’on peut constater de visu l’aboutissement ultime de l’idéologie des Lumières… Dans tous les domaines ou l’humanisme au raz des pâquerettes a cru pouvoir donner au monde une solution définitive aux maux inhérents à la condition humaine, sans plus tenir compte d’aucun critères ancestraux religieux, donc sans mettre de barrières taboues ( ce que l’on appelle aujourd’hui le « Principe de Précaution )…   TOUT part en entropie, pour ne pas dire en couilles :

La Sécurité Sociale pour tous…La circulation automobile… La consommation Immodérée d’eau potable…Les productions vivrières industrielles…L’Education Nationale…Le charbon, le pétrole Les Soins médicaux….La photographie, le cinéma…La supercherie de la Communication…Le Sexe en liberté…La grande escroquerie psychanalyste…Les Transports aériens… La Justice omnipotente… Le Pognon pour tous…. Le Tourisme de masse…La Production Industrielle intense…L’Energie Nucléaire…

Et bientôt les diaboliques nano-particules, que les scientifiques qualifient d’invention primordiale en fermant les yeux sur ce que feront les industriels maîtres de la nanotechnologie… ? Ces derniers jours, les médias nous ont abreuvé d’encensement pour monsieur Levi-Strauss, grand maître mondial de l’anthropologie, SCIENCE prétendant expliquer TOUS les comportements des humains… Et ce qui est paradoxal, c’est que monsieur Levi-Strauss, s’était converti au Bouddhisme, dont le fond de commerce est de conduire les consciences à la mort intégrale, par la fameuse « cessation de la souffrance »…

Et dans tous les domaines ou tout s’affole et ou les conséquences sont désastreuses en particulier pour la pollution atmosphériques, les pauvres terriens affolés ont toujours recours aux solutions dites «  scientifiques », et ces solutions dites scientifiques apportent encore plus de maux que ceux qu’ils sont censés guérir…. A part quelques îlots de penseurs vraiment « éclairés » et qui suggèrent un virage à 180° du comportement moral et psychologique des occidentaux, en disant simplement que l’être humain n’a pas seulement un ventre et un sexe, mais aussi une âme, ou plutôt un esprit , centre de convergence entre notre existence bassement terrestre et une spiritualité transcendante absolument nécessaire à l’équilibre existentiel, tous les médias nationaux continuent à nous abreuver de philosophies matérialistes menant tout droit à la catastrophe…Il me semble que l’intelligentsia occidentale, et en particulier la française,  ressemblent de plus en plus aux pharisiens de l’an zéro de notre ère, comme eux ils possèdent la science, savent tout, sont raisonnables , n’admettent aucunes critiques, et pourtant les premiers ont vu tout leur univers politico-économique s’écrouler totalement quelques décennies plus tard… Il me semble que nous sommes nous-mêmes à la veille d’un bouleversement climatique terrible, devant lequel les petites querelles des coupeurs de poils de culs athéistes paraîtront minables… La crise « des subprimes », absolument imprévue de tous les génies économistes mondiaux et de leurs ordinateurs monstrueux, ,  me paraît être le modèle de dernier avertissement  à nos orgueilleux technocrates imbus de leurs connaissances scientifiques et persuadés d’être dans la bonne direction, pourtant ce merveilleux système issu des certitudes des Lumières sera balayé en quelques semaines si tous le systèmes de communication et de transports sont anéantis…

Avant de tenter de donner une conclusion à cette réflexion, je voudrais raconter deux souvenirs, vécus il y a déjà presque un demi-siècle, et qui me semblent illustrer ce q’est une vie pleine et entière à mon sens et une vie de chien tel que l’imaginent les prophètes du Progrès et des Lumières…. Je parcourais alors les pistes sahariennes pour le compte d’un distributeur de pétrole, les missions étaient diverses et variées, et les parcours tous azimuts… Plusieurs fois, je descendais de Laghouat à Tamanrasset, et un jour je m’arrêtais à l’ex bordj militaire d’In Amguel, situé entre la célèbre base des essais nucléaires français d’In Ekker et Tamanrasset. Le bordj était pratiquement en ruines, mais le corps du bâtiment était solide, il y avait des murs et le toit était toujours en place…Je vis arriver vers moi un grand échalas, vêtu d’une djellaba blanche, le visage souriant et accueillant… Bonjour… Salam alaikoum… alaikoum salam…Le bonhomme m’emmena à l’arrière du bâtiment, à l’ombre, on était au mois de juin, et le thermomètre devait friser les 42/45°… Nous voilà assis en tailleur devant un petit brasero ou  une minuscule bouilloire chauffe l’eau du thé.. Pas de paroles, des sourires, des gestes de mains, jusqu’au moment ou le thé coule dans les petits verres… Cet homme au visage émacié sourit continuellement, ses yeux, d’une profondeur incroyable, sont déjà loin des petitesses de  la terre et vous transpercent la boite crânienne comme un rayon laser… En quelques secondes, il m’a déjà totalement analysé, pénétré, investi, jaugé, jugé des pieds à la tête et son sourire extatique me dit que son examen m’est favorable…. Nous buvons tranquillement les tasses de thé rituelles, nous nous levons, il me salue profondément, pose la main sur son cœur, et toujours illuminé par son sourire extatique, se dirige vers une mosquée symbolique, simplement tracée de quelques pierres sur le sol,  se prosterne et entre en prière… Je retourne vers mon camion, récupère quelques paquets de pâtes,   de la sauce tomate, une bouteille d’huile, reviens sur mes pas, c’est alors qu’une vieille femme sort du fortin, prend mes paquets et me serre dans ses bras… Je suis repassé là,  six ou sept fois, je me suis toujours arrêté, ai toujours reçu l’hospitalité royale de cet envoyé de Dieu accompagné de son éternel sourire…ai continué à déposer quelques simples victuailles de première nécessité aux pieds de la vieille femme qui me serrait dans ses bras comme si j’étais son fils.

Au cours de mes pérégrinations transsahariennes, outre mes missions professionnelles, il m’est arrivé plusieurs fois d’effectuer des trajets touristiques pour promener des invités de marque de ma société… Cette fois là, je devais récupérer un monsieur à l’aérodrome d’Adrar, et le promener quelques jours en dehors de toute civilisation sur quelques pistes perdues du Tidikelt… Bien entendu dans ces cas là, je faisais le tour des épiceries, boulangeries, et diverses boutiques pour approvisionner de la nourriture, et dans ce cas précis quelques bouteilles de grand Bourgogne réservées à l’Hôtel de la Saoura… Je savais tout juste que le bonhomme était le PDG d’un grand groupe pétrolier, et qu’il avait besoin de repos… C’était au mois de mai, il faisait déjà chaud, mais c’était très agréable encore, le gus était là, costume clair, la cinquantaine, le type habitué à commander… Chargement immédiat des bagages dans la Land-Rover, et on prend directement la piste d’Aoulef… La veste fila sur le siège arrière, puis la chemise, et à mesure que le soleil montait, la sueur commença à perler sur le front de mon passager.. A dix heures , pose café, le pantalon et les chaussures de ville furent remplacés par un short et des sandalettes… La conversation était  réduite à quelques onomatopées, et à quelques considérations sur le paysage… J’avais prévu de sauter le repas de midi, et de faire un campement dans une petite palmeraie abandonnée à cause de l’ensablement, mon passager était d’accord… Le site était absolument irréel et merveilleux, les palmiers ensablés presque jusqu’à la cime avaient encore la force d’offrir un magnifique bouquet de palmes bien vertes…Trouver un endroit un peu abrité du vent, puis ramasser des branches de bois mort et des herbes sèches pour faire un petit feu, sortir la gamelle en tôle émaillée, étaler une vieille bâche par terre et voilà le campement presque prêt… Deux tomates, un poivron rouge,  un poivron vert, un gros ognon, une boite de thon, une boite d’olives, de l’huile , du vinaigre, du sel, du poivre, et voilà un dîner saharien de luxe… Mon passager, un peu anéanti par la chaleur et les cahots de la piste, s’était assis en tailleur sur la toile et me regardait opérer, je posais la cuvette au milieu, sortais deux fourchettes et deux couteaux, et coupait deux grosses tranches de pain conservé dans une toile humide… Et luxe suprême :   deux verres à pied et une bouteille de Gevrey-Chambertin 1949, mise au repos et au frais depuis une heure…. Le premier verre, dégusté tranquillement, en silence, amena un peu de détente dans notre relation hiérarchico-physico-chimique…, j’invitais Peter ( c’est le prénom qu’il m’avait donné ) à piquer dans le plat pour se restaurer un peu… Après le troisième verre de Bourgogne, on commença à se faire des confidences, enfin, surtout lui, car le type était complètement déprimé et avait besoin de s’épancher, et là, il ne risquait rien…. Il me raconta sa vie en somme, un vrai conte de fées dérivé des Lumières et de la grandeur de l’Instruction Publique et des Diplômes validant l’étalonnage social… Il était issu d’une famille de petits commerçants hollandais, avait fait des études secondaires et supérieures brillantes, puis une école d’ingénieurs spécialistes du pétrole en Angleterre, puis une grande école de commerce et de marketing aux USA, ce qui l’avait conduit automatiquement dans une multinationale pétrolière… De poste en poste, de pays en pays, il avait facilement gravi les échelons et la chance aidant avait obtenu son premier fauteuil de PDG dans une filiale du Moyen-Orient…Puis mariage avec une héritière d’un gros paquet d’actions Deutsch - Shell , qui avait généré deux filles et le suprême fauteuil de PDG du groupe…. Depuis ce jour là, avoua-t-il, je n’ai plus jamais été un homme libre… Les heures avaient passé, les cornes de gazelle avalées, un bon feu de branchages brûlait devant nous,  le ciel était superbement illuminé de millions d’étoiles, et la deuxième bouteille de Chambertin était bien entamée…Le silence s’était installé, mais nous avions tout notre temps, et si nous avions envie de dormir, une simple couverture posée sur une langue de sable, nous offrait une couche digne du plus grand palace…. Puis, dans le silence étourdissant de la nuit saharienne, il se mit à pleurer, doucement, et me dit, à moi, le dernier petit maillon ouvrier de la monstrueuse entreprise qu’il dirigeait : «  j’en ai marre, j’ai envie de disparaître derrière ces dunes, me perdre dans ce désert avec un chameau et un sac de dattes, je ne suis plus rien, je n’ai plus rien, ma femme me fait cocu avec un artiste underground californien, mes filles me méprisent et roulent leurs bosses en offrant leurs fesses à n’importe qui, le Directoire de la Société prend toutes les décisions, il ne me reste que des appartements à Amsterdam et à Paris, une propriété en Floride, un yacht qui ne me sert à rien, un chalet  à Saint-Moritz, un gros paquet d’actions et mes comptes en banque, mais tout ça c’est de la merde… ( il parlait très bien le français )…. Les Grands vins rouges sont bons, goûteux, gouleyants, euphorisants, parfumés, mais aussi légèrement soporifiques, le feu s’étant éteint, je ne voyais rien, n’entendais plus rien, j’allumais ma lampe de poche et vis mon touriste Président endormi, recroquevillé sur sa couverture…. Pendant trois jours, je baladais mon copain Peter, à travers dunes, regs,  palmeraies perdues hors pistes, puits abandonnés, deux fois il dut m’aider à placer les tôles perforées sous les roues motrices et à prendre la pelle pour nous sortir d’un ensablement, mais il resta imperturbable et serein… sous la couche de crasse, de poussières et de sable agglutinée par la sueur sur son visage… Mais j’avais un ordre de mission très strict, je devais ramener mon client à l’aérodrome d’Adrar le quatrième jour, un avion spécialement affrété par la boite l’attendait, décollage entre 17 et 18 heures…. Peter me fit un dernier signe de la main depuis la porte de l’appareil, je ne le revis jamais et ignore totalement ce qu’il est devenu….

Je laisse le soin aux lecteurs de ce texte de déterminer  quel est celui des deux hommes qui a le mieux réussi son passage sur la terre… ?

   Pendant des millénaires, des milliards d’êtres humains ont réussi à vivre et à survivre dans le sein de leurs coutumes ancestrales animées par leurs croyances religieuses…. Il n’existe pas dans le monde, un seul peuple, une seule race, une seule tribu qui n’ait pas eu au départ le mythe d’une cosmogonie quelconque pour les mettre en marche et leur donner assez de consistance et de foi pour résister à l’angoisse existentielle… Les «  manas » immémoriales, qui sont le fondement des religions, ont toujours été des émanations inspirées de la puissance spirituelle des groupes, et un puissant facteur de rassemblement, créateur de lien social. A partir du moment ou ce qui faisait le lien principal d’une communauté se délite, et que le seul critère matérialiste domine tout, critère évidemment impossible à satisfaire pour tous, les peuples se mettent en ébullition psychédélique et veulent tous acquérir le niveau de vie des pays riches… Tous abandonnent alors leurs traditions séculaires qui semblent obsolètes, et comme ils ne trouvent pas dans leurs propres pays suffisamment moyens financiers, ils se ruent vers l’Europe, ventre mou, gonflé de richesses et égoïste, sans plus aucunes réelles valeurs morales à défendre… En ce début de XXI me siècle, le monde entier est en pleine déconfiture, déconfiture financière, matérialiste, humaine, sociale, mais surtout déconfiture spirituelle, les êtres humains ne savent plus ce qu’ils sont, ils ne se voient plus qu’en petits tonneaux, avec deux bras, deux jambes, une petite quéquette ou un une petite craquette, et c’est tout, ils ne savent plus qu’il y a en eux  un esprit, et que cet esprit est le moteur de tout, , et que cet esprit peut les relier à toute la création, au cosmos, ou plus simplement à Dieu…

 

Dans le monde occidental du début du XXI me siècle, la mode intellectuelle est de se dire non-croyant, athée, ou plus subtilement agnostique… et même ceux qui ont encore la foi au fond d’eux-mêmes n’osent presque plus le dire simplement et publiquement. Evidemment maintenant, on est instruit, intelligent, on n’a pas besoin de croyance en une déité, et comme on sait tout, on balance aux orties tout ce qui constituait le fond de commerce de nos aïeux… Pourtant, l’ambiance générale est au pessimisme, quand ce n’est pas au désespoir, à la méfiance générale, avec quelques décennies de retard sur les écrits du prophète Albert Camus, on sacrifie maintenant à l’absurde dans les arts, le comportement, l’amour et la famille…Une course éperdue vers le vide s’est engagée, on court pour les études, on court pour le travail, on court pour la famille, on court pour les vacances, on court pour dépenser, on en arrive même à courir pour mourir en souscrivant un contrat obsèques…. L’aiguilleur du Petit Prince de Saint-Exupéry  connaissait déjà la réponse il y a un demi-siècle : «  Ils sont bien pressés, dit le petit prince. Ou vont-ils ? » «  l’homme de la locomotive l’ignore lui-même, dit l’aiguilleur »

 

                 Il y a bien quelques « produits de substitution » à la religion, les voyages exotiques, les parades gay, les concerts mégawattiques,   les défilés carnavalesques ( détournés de leur sens profond religieux ), mais les participants, exaltés et surchauffés artificiellement le temps du spectacle, en ressortent décontenancés et vidés, encore plus appauvris et désespérés qu’avant, alors que les manifestations religieuses, longuement préparées et souhaitées, regonflaient les âmes d’espoir et  de courage pour toute une année, les croyants étant, pour ainsi dire, régénérés.

               A force de rechercher notre unique justification terrestre dans la seule jouissance physique et dans l’appropriation maximum de biens matériels, toute la partie du monde dite «  occidentale » a presque entièrement consommé et épuisé les ressources naturelles de la Terre Mère, et elle a presque réussi à convaincre les autres parties de la planète de la justification de cette boulimie, de cette goinfrerie même de consommations …. Mais il semble, pour le sauvetage in extremis de la  planète terre, que  nos frères d’Asie et d’Afrique aient gardé leurs héritages spirituels, grand bien serait pour l’occident de prendre là quelques leçons et de retrouver les pratiques religieuses chrétiennes simples de nos ancêtres, et en même temps les notions de respect d’autrui, d’honnêteté,  de fidélité, en particulier dans les relations familiales.

 

Pourtant, nous avons les Béatitudes :

Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux : ils auront la terre en partage.

Pourtant nous avons François d’Assises

3 Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil.
par qui tu nous donnes le jour, la lumière:

6 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l'air et pour les nuages,
pour l'azur calme et tous les temps:
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

8 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

14 Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le
en toute humilité!

La Bhagavad-Gîta dit à peu prés la même chose :

Celui qui est à l’origine de tous les êtres, dont est pénétré cet univers, c’est en L’adorant par son propre travail intérieur qu’un homme atteint la perfection.

Le Coran aussi :

La vertu ne consiste pas en ce que vous tourniez vos visages du côté du levant ou du couchant : vertueux ceux qui croient en Dieu et au jour dernier, aux anges et au Livre, aux prophètes, qui donnent pour l’amour de Dieu des secours à leurs proches, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs…( Sourate II, 172 )

Et Jésus :

« Aimez-vous les uns les autres »

Mon propos principal est  centré sur le christianisme, cela n’est pas dans le but d’une entreprise d’apologie christique, mais simplement parce que j’ai été éduqué dans cette confession, que je ne la renie aucunement et que je mourrai dans la foi chrétienne… Mais une longue expérience de travail dans de nombreux et divers milieux sociaux culturels, m’a appris que dans toutes les religions, dans toutes les croyances, il y a partout des cœurs purs et de très grandes âmes, et que dans chaque discipline spirituelle, des êtres de toutes sortes passent leur vie à chercher Dieu, et que Dieu, un jour, leur accorde la grâce de sa présence perpétuelle…

Les propos de Séraphin de Sarov peuvent s’appliquer à tous les hommes et toutes les femmes, qui, dans ce monde,  par penchant naturel, s’appliquent à la recherche d’une vie intérieure intense : « Le vrai but de la vie spirituelle consiste dans l’acquisition de l’Esprit Saint de Dieu. Le jeûne, la prière, la charité et toute bonne action accomplie au nom de Dieu, n’en sont que des moyens » 

Et dans la veine de Séraphin de Sarov, qui délimite parfaitement ce que devrait être la vie d’un être humain sur la terre, Marie-Madeleine Davy dit ce qui est la vie d’un chercheur spirituel : «  Celui qui s’adonne à la connaissance de soi n’échappe point aux vicissitudes de l’existence, à la dureté des événements, toutefois il n’est pas atteint de la même manière que les autres hommes, son discernement le rend capable de distinguer l’absolu du relatif, le réel de l’illusoire… » Cette dernière phrase devrait être le credo de tous les dirigeants politiques, de tous les scientifiques, de tous les enseignants, de tous les chefs d’entreprise, Inch-Allah…mon frère !!

Je dirai quand même à Henri, qu’il lui suffit de regarder autour de lui, de visu ou par médias interposées, pour constater que toutes les Cités ou seuls les petits hommes inspirés par la Raison et les Lumières légifèrent et gouvernent, connaissent un emballement monstrueux de tous le systèmes de contrôles, une explosion exponentielle des lois, décrets, arrêtés, interdictions, surveillances informatisées, et par suite, la constitution de services judiciaires et policiers pléthoriques,  impuissants et inefficaces… Cela me semble être le lot inexorable des Cités ou l’absence d’une religion ( conscience, lien moral, scrupule, attachement, rassemblement… ) populaire fait que les hommes ne se comprennent plus et ne se respectent plus, en faisant référence personnelle à une déité suprême.  

Je laisserai le dernier mot aux Upanishads : « le Chemin commence avec le cœur, se poursuit avec le cœur et se termine avec le cœur. Et c’est dans la Caverne du Cœur que vous trouverez l’Absolu… »

                                                  

Commentaires

Je suis honteux Maurice ! Honteux de ne pas venir te lire plus souvent.

Quelle sagesse dans tes écrits. Et je suis honteux aussi pour tous les autres qui te négligent.

Chapeau bas à toi et courage à vous deux.

Dominique

Écrit par : papydompointcom | 28/11/2009

C'est avec grand plaisir je vous ai lu, monsieur.

Écrit par : Remi | 28/11/2009

je viens de twitter votre billet. J'ai quand même besoin d'un peu de temps pour réfléchir à tout ça.

Écrit par : Detranspirant | 05/04/2010

Les commentaires sont fermés.