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12/02/2009

INTERVENTIONNISME SCIENTIFIQUE

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La tyrannie technologique

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Les « CHERCHEURS » en colère…

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«  Eh, ralentissez, mes chevaux, allez, ralentissez !        

 N’écoutez pas les ordres de mon fouet. »

Vladimir Vissotski. « Les chevaux entêtés »

 

Le terme « interventionnisme » est toujours suivi de « politique » ou de « économique ».. En cette bonne année 2009, le fameux dilemme keynésien de la relance par la consommation ou par l’investissement est très à la mode dans les guerres picrocholines  françaises « gauche-droite »… !! Mais en ce début de XXI me siècle, peut-on encore réserver le terme « interventionnisme » aux seuls polichinelles politiques ou aux boursicoteurs financiers… ?  Ces gens là, mêmes très intelligents et hyper-machiavéliques, pourraient-ils encore manipuler les opinions publiques et pourrir les circuits financiers sans l’aide puissante des scientifiques… ? Les fameux «  traders », si beaux et si gentils, pourraient-ils s’amuser à gonfler et dégonfler des milliards de dollars sans l’aide des hypers-moyens informatiques mis à leur disposition par des scientifiques…. ? Les agriculteurs du monde entier pourraient-ils défoncer savanes et forêts à coups d’engins mécaniques monstrueux, puis faire pousser n’importe quoi, n’importe ou, sans l’aide de tous les produits chimiques et biologiques inventés par des scientifiques…. !! Pourtant en ce mois de février 2009, 80.000 « CHERCHEURS », pour la plupart scientifiques, sont dans la rue et réclament   « PLUS DE MOYENS »… Pourtant, apparemment, plus les chercheurs scientifiques abondent, plus les choses vont mal…. , plus on a de connaissances sur le climat, plus le climat se dégrade…., plus on a de connaissances sur les sciences économiques, plus l’économie va mal…., plus on a de connaissances sur les sciences humaines , plus les hommes se sentent malheureux et la violence monte en flèche…. !!

 

Tant que les hommes ne connaissaient pas trop ce dont ils avaient besoin pour vivre, la terre, l’eau, la mer, ils les respectaient…Ils respectaient la vie, l’air, les terres, les fleuves, les arbres, les montagnes, les mers, les animaux , les plantes…., soit parce qu’ils les aimaient, soit parce qu’ils les craignaient….  

 

Pour tenter de donner un sens à tout cela, bénéficier de conditions favorables ou se protéger des évènements catastrophiques, ils faisaient appel à des imaginaires mythiques médiateurs auprès des puissances créatrices de l’univers…. Cela a duré des millénaires, dans toutes les parties du monde, sous différentes formes…, dieux bizarres et tortillés, totems,  montagnes sacrées, lieux tabous, esprits de toutes sortes, prières, implorations, puis, summum de l’imagination et de l’inspiration humaine, le Dieu unique et révélé, Yahvé,  Allah et ses prophètes…

 

Un comportement qui était quasiment universel, il y a encore un demi-siècle, c’était le caractère sacré de la terre… On pouvait se servir de la terre, la labourer, la herser, l’enrichir,  l’ensemencer, la planter, lui prendre sa récolte, mais surtout ne pas la détruire, ne pas la réduire à l’infertilité, ne pas la trafiquer pour en faire une prostituée n’ayant plus de fruits à donner… La nature et le climat se chargeaient seuls des fonctions bénéfiques ou destructrices, c’était largement suffisant, c’était rassurant, inquiétant et aléatoire en même temps, mais qu’est-ce que la vie sans une part d’éléments hasardeux… ? La contemplation des espaces désertiques de la planète suffisaient à faire réfléchir les aventuriers…

 

La plupart des Français qui ont soixante ans et plus et qui ont passé leur enfance et leur jeunesse à la campagne, même sans être directement rattaché à une famille paysanne, savent tous le lien quasiment religieux et obsessionnel qui existait entre les paysans et la  terre. Ils ont pourtant résisté les «  bouseux », les « ploucs », les « demeurés de la cambrousse », mais la poussée des « modernistes », des « réformateurs » des « scientifiques » et des fabricants d’engrais, de pesticides, d’insecticides et de tracteurs a été  la plus forte … Ajouter à cela la maffia politico-industrielle des partisans fanatisés du fameux remembrement, qui a totalement détruit le tissu protecteur naturel des campagnes en faisant arracher les haies, les buissons, les arbustes, et en comblant des milliers de ruisseaux et de petites rivières, exutoires naturels des fortes crues…Tout cela s’est produit en l’espace de quelques décennies, en gros de 1950 à 1980, mais le mouvement avait été lancé très longtemps avant… 

 

Tout ou presque tout est parti du fameux «  siècle des Lumières », en gros le XXIII me siècle ( 1670 à 1820 ), avec son cortège d’érudits et de savants qui faisant fi de toute humilité, prétendirent tout expliquer, tout démontrer, et prouver que tout n’était que des phénomènes naturels…. Donc, balançons aux orties toutes ces vieilles coutumes paysannes concernant  le caractère sacré de la terre et les précautions quasi religieuses consacrées à son entretien et à son respect… Depuis cette époque nous avons eu des savants de toutes sortes qui ont apporté des théories scientifiques plausibles  sur tout le vivant, le végétal et le minéral , tant que les détenteurs de  ces secrets technologiques se sont mis au service des travailleurs de la terre et leur ont apporté de grandes aides pour combattre des fléaux naturels biologiques,  climatiques ou la destruction des arthropodes nuisibles, tout a bien fonctionné….  Mais quand, à partir des années 50, les grands manitous des grandes écoles d’agronomie, ont commencé à former des bataillons d’ingénieurs agronomes et de techniciens agricoles totalement inféodés aux méthodes industrielles de production des plantes alimentaires, le début de la catastrophe a commencé… Le génocide social envers les paysans soit disant «  obscurantistes », «  abrutis », «  retardataires », fut mis en pratique… , en quelques décennies, la population agricole de la France passait de 4 millions à un demi-million …, en même temps, les terres surexploités, arasées, minées par les traitements chimiques s’étiolaient, et l’ensemble des produits de la terre perdaient toute consistance et toute qualité, aussi bien nutritives que gustatives… Les « donneurs de leçons » venus de la ville avaient totalement réussi leur œuvre, la race des bons  paysans, madrés mais honnêtes, intraitables sur la qualité des produits,  a disparu…

 

Ce qui est affolant, désarmant, consternant, et totalement paradoxal, c’est qu ‘en ce début de XXIme siècle et la mode du «  TOUTBIO », ce sont de nouveau des « SCIENTIFIQUES »  qui affolent la terre entière avec des prophéties catastrophiques et  prétendent tout remettre en ordre uniquement avec des méthodes technologiques et des motivations hygiéniques…. Il faut quand même être particulièrement con pour ne pas avoir encore compris, après cinquante siècles de réflexions philosophiques et religieuses très profondes, que l’homme est une création complètement éthérée et folâtre, totalement irrationnelle, et pas tellement courageuse et réfléchie, car il va toujours vers le plus facile et le moins fatigant… Les scientifiques du XXme siècle, progénitures conformes à l’esprit des Lumières,  lui ont offert le confort, la bouffe à gogo, la bagnole, l’avion,  les contraceptifs, la communication à outrance, l’individualisme,  les plaisirs et les distractions sans limites…, alors MERDE, pourquoi s’en passer… ? Là, devant nos yeux, UN MILLIARD ET DEMI de Chinois et UN MILLIARD d’Indous, sont en train de se convertir à l’esprit des Lumières et au fameux PROGRES, abandonnant les sages coutumes ancestrales de sobriété et de respect des anciens, balançant de fait dans la nature et dans l’atmosphère en particulier, des milliards de tonnes de polluants divers…. La seule et unique préoccupation de nos « pseudo-scientifiques éclairés » devraient être de réfléchir à la façon dont on pourra vivre « APRES » le maelström technologique du XXme siècleComment respirera-t-on dans une atmosphère confinée… ? Comment se nourrira-t-on quand les terres arables seront laminées par la surproduction… ? Comment se logera-t-on dans un climat surchauffé… ?

 

Tels des pantins désarticulés, tels des guignols déboussolés, telles des marionnettes affalées sur le sol sans aucunes ficelles pour les animer, nos progénitures, à plus ou moins brève échéance n’auront que leurs yeux pour pleurer et la débrouille individuelle pour survivre, tels les personnages dramatiques de Paul Auster dans «  Le voyage d’Anna Blume »…. Ou seront passées à ce moment là les promoteurs ubuesques de  « l’agriculture bio » et du « développement durable », alibis faciles pour les petits-bourgeois, presque totalement englués en cette année de grâce 2009, par l’advenue d’une crise économique planétaire, provoquée évidemment par nos fameux hommes farfelus et pourtant instruits et éclairés, qui va obliger les trois quarts de l’humanité à se nourrir des produits les moins chers, et de ce fait les plus industrialisés, et les plus polluants… ?

 

Mais ou sont passés tous ces scientifiques inventés par nos grands universitaires en mal de reconnaissance, qui écument la terre entière de recherches, de calculs, de courbes de Gauss et autres chinoiseries, de rapports épais comme des encyclopédies , que font-ils exactement et à quoi servent-ils ces fameux «  CHERCHEURS », à part le fait de puiser dans le fric des contribuables et tenir le haut du pavé dans les médias et les conférences internationales … ? Tous ces scientifiques qui devaient encore une fois «  éclairer » les pauvres couillons ignorants que nous sommes de leurs sempiternelles « Lumières » afin de nous apporter le bonheur… A quoi servent vraiment les « CHERCHEURS » en sociologie, en climatologie, en ethnologie, en biologie, en océanographie, en psychanalyse, en volcanologie, en sciences humaines, en urbanisme, en cognitivisme, en sémiologie, en sociolinguistique, etc…., etc… Est-ce qu’une seule fois, depuis que ces hyper-cerveaux de « chercheurs » cherchent et calculent, une seule fois une seule, ont-ils réussi à éviter ou prévenir d’une catastrophe…. ? Les « chercheurs »  du XXII me siècle, classeront tout ça dans les sophismes et croyances chamaniques du XX me et XXI me siècle, avec un sourire de condescendance affectée, comme seuls savent le faire les pédagogues distingués… !!

 

Un simple exemple, simpliste et élémentaire,  il est vrai, que je trouve dans deux  manuels de « Histoire naturelle », utilisés dans le « Cours Supérieur » des Ecoles Publiques, l’un de 1920, l’autre de 1950… Au chapitre consacré à l’agriculture, après les conseils techniques de l’époque, le premier manuel dit : «  l’homme agriculteur doit être solide physiquement, suffisamment intelligent pour organiser et varier ses cultures, profondément honnête, moral, juste… » Au même chapitre, le manuel de 1950, après les conseils techniques, ne parle de l’homme que pour «  des conseils d’hygiène corporelle, le confort de la maison, la nécessité de formation sur les machines, les moteurs, l’emploi des engrais chimiques… » En agriculture comme dans tous les domaines  des activités humaines, nos grands penseurs pré et post soixante-huitards, émules de l’existentialisme et du nihilisme, ont chassé l’ élémentaire morale qui limitait les hommes dans leur soif d’honneurs et de biens matériels…  

 

He, ralentissez mes chevaux, disait Vissotski…,que nous reste-t-il d’autre à faire pour le moment que de se promener et philosopher ?… Lire et relire «  L’art de se promener » de Karl Goulob Schelle qui disait «  la philosophie doit non seulement quitter les hautes sphères de la spéculation intellectuelle, mais se rapprocher de la vie et s’occuper de ce qui préoccupe tous les hommes chaque jour »… 

 

« Le XXI me siècle sera religieux ou ne sera pas » disait un célèbre humoriste aventurier contemporain… !!  Sans augurer de l’avenir proche ou lointain de la religion sur notre planète déboussolée, il me semble qu’une seule et unique pensée est à retenir, à méditer et appliquer autant que faire se peut, ce sont les paroles prononcées par notre frère à tous,  Jésus, paroles à prendre à la lettre et en esprit, quelque soit l’origine intrinsèque et discutée de son auteur «  Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Bonjour Maurice, comme je voudrais avoir ta plume et ton savoir pour pouvoir pousser "des coups de gueule" comme les tiens.

Bravo

Mais y aura t-i encore des chercheurs au XXII ème siècle ?

dominique

Écrit par : papydompointcom | 12/02/2009

Un petit bonjour en passant

dominique

Écrit par : papydompointcom | 15/02/2009

Il semble qu'il n'y ait que deux solutions mon cher Dominique...

Un retour à la simplicité :

http://pagesperso-orange.fr/becassinetravail/Francois%20accueil.htm

" Le Meilleur des Mondes " de Aldous Huxley.

http://bd-livres.psychovision.net/romans/meilleur-des-mondes-143.php

Écrit par : maudub | 17/02/2009

Quel plaisir de lire des coups de gueule qui ne soient pas dégoulinants de bonnes intentions, de politiquement correct et suffisants. Merci.

Écrit par : Charline | 21/02/2009

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