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18/08/2007

SAGA AUTOMOBILE FAMILIALE

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Enchaînement motorisé

Ou

Les moutons de Panurge autoroutiers

   Comme pour des millions de Français nés dans les années trente,  l'automobile a rempli l'imaginaire de toute une partie de ma vie.

La saga a commencé avec mon père, né en 1890,  il a d’abord fait un apprentissage de forgeron, puis il a fait un stage de mécanique automobile de deux ans, à Sotteville-lès-Rouen, comme Compagnon du Tour de France, de 1912 à 1914…  Il faut dire qu’à l’époque, faire de la mécanique automobile, c’est un peu comme aujourd’hui  acquérir un diplôme d’analyste programmeur en informatique … Pendant la deuxième année de son stage, il passe ,le « Certificat de Capacité, valable pour la conduite des voitures à pétrole N° 100  »et il  est engagé comme chauffeur du Préfet ( voir la photo de  l’imposante limousine et le pilote, Marcel, mon père,  en grande tenue, si un connaisseur peut me dire quelle est la marque de l’engin … ) …

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La première voiture qu’il acheta, vers 1925, fut une Renault décapotable genre NN, le premier  voyage qu’il fit avec sa Renault, fut Paris Lille , au mois de juillet, par une chaleur écrasante, il fallut acheter des vaches à eau, que les passagers tenaient prêtes, pour refaire le niveau d’eau du radiateur tous les cinq ou six kilomètres… La deuxième, fut une Citroën C4, dont il fut très satisfait, et qui lui permit de visiter une bonne partie de la France… Puis en 1938, toujours emballé par Citroën,  il fit l’acquisition de la fameuse «  Citron Moteur Flottant » ( voir la photo prise en 1938 ou 39, avec le rédacteur du blog sur le marchepied … »

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 La pauvre Citron connut son chant du cygne pendant notre périple sur les routes de France de l’exode de 194o, puis elle fut camouflée sous un monticule de fagots de bois, et personne ne la découvrit… jusqu’en 1946, ou il fallut la vendre car mon père décéda brutalement au cours du mois d’août…  

 Un de mes oncles, couronné le " meilleur vendeur Citroën de France " en 1938...,  passait voir mes parents au volant de sa superbe « traction avant 11 C V »… toute la rue s’attroupait pour admirer la voiture et  la stature du conducteur… ( 1.90 mètre et 120 kg, la culotte de golf et la casquette de mauvais garçon…

Tous les gens de la famille et les amis étaient des amateurs de bagnoles, je jouais souvent sur le trottoir de la maison, et j’étais le premier à voir arriver les « monuments mécaniques »… Juste avant et juste après la guerre, un oncle venait souvent avec une magnifique Hotchkiss 39 … mon parrain est venu souvent avec une Chenard et Walker… et  cerise sur le gâteau, en 1939, mon frère aîné est arrivé avec une splendide Amilcar de course, il a révolutionné le village car il faisait un bruit du tonnerre, il avait sous le siège une petite tirette qui lui permettait de se mettre en échappement libre …

J'ai moi-même commencé ma vie professionnelle dans le cambouis... comme apprenti à l'usine  Ford de Poissy en 1953… A l’époque les chaînes de montage sortaient encore des Matford V8, lourdes carapaces mangeuses d’essence, mais indestructibles…  et les fameuses  « Vedettes »…Mais j’ai été un peu refroidi par l’ambiance du Travail à la Chaîne, et l’idéologie taylorienne du Demi-Dieu Edsel Ford … Dans les années cinquante, mes frères avaient des Matford, des Fiat, et l’un d’eux avaient la Dyna Panhard dite Tigre, il était un peu cinglé, car la bagnole était trafiquée et il m’emmenait faire des tours sur le seul tronçon d’autoroute de France, « l’Autoroute de l’Ouest », ou il arrivait à faire des pointes de vitesse à 150/160 Km/H …

Ma propre saga automobile est moins glorieuse, la première auto que l’on acheta avec un copain, ce fut une 201 Peugeot de 1929, avec laquelle on fit, en 1955, un Tour de France complet ( à voir sur le Net ). Après le service militaire,  j’achetais une Citroën 2 CV toute neuve, j’en garde encore un souvenir attendri, car c’est une automobile exceptionnelle, avec une tenue de route géniale, sobre comme un mulet, et « toujours prête »… Avec ELLE, j’ai parcouru plus de 150.000 kilomètres, visité presque toute la France, par tous les temps, y compris les routes verglacées ou enneigées…

Après les achats de voiture ont varié en fonction de l’agrandissement de la famille et des disponibilités financières… Simca 1000… Simca 1100 Break… Citroën ….  Peugeot 305… Peugeot 205… Peugeot 306…

Je pense que, comme beaucoup de septuagénaires, j’ai vu naître dans les années cinquante, la démocratisation de l’automobile familiale… En 1948 ou 49, les candidats acheteurs attendaient quelquefois six mois, un an, avant d’être satisfaits et d’avoir le bonheur de s’asseoir au volant de leur «  bagnole », toucher les commandes, essayer le clignotant, régler le siège conducteur, puis, avec mille précautions, mettre le contact, et appuyer sur le démarreur… Et ça démarrait au quart de tour, ça ronronnait, quelle jouissance alors de débrayer, passer la première, partir doucement, et faire son premier tour de pâté de maisons…. Et c’était pas fini, il fallait faire le « rodage » pendant mille ou deux mille kilomètres… ah, c’était fragile ces petites bêtes là … puis repasser chez le concessionnaire pour la visite de contrôle… Et là, c’était bon, on pouvait partir, c’était la liberté, les voyages, les vacances, on pouvait aller ou on voulait, quand on voulait…. Les premiers temps on allait, fièrement, rendre visite à la tante Marie ou à l’oncle Eugène, que l’on avait pas vu depuis dix ans… puis on osait faire deux cent kilomètres pour aller goûter l’air marin au Tréport… puis c’était le grand départ, Nationale 6 pour aller en Auvergne…. ou Nationale 7 pour aller carrément se tremper les pieds dans la grande bleue à Cassis ou Carry le Rouet…. Le «  grand bonheur »  de la route libre a duré, bah, disons, vingt-cinq ans … dés les années 1980, ça a été le bordel sur les routes, les bouchons, les embouteillages, les accidents graves, les morts, les conducteurs du dimanche et les fous du volant …

Aujourd’hui, en ce début de XXI me siècle, l’automobile c’est synonyme de piège à fric, d’impôts, de pollutions de toutes sortes, de bronchites chroniques, d’empoisonnement de l’air ( les terribles expériences de Chelmno semblent prémonitoires ), de bruits, de guerres du pétrole… C’est aussi une espèce de prison perverse, le conducteur qui est enfermé dans sa carrosserie, en plein milieu d’un embouteillage monstre, et qui ne peut ni avancer, ni reculer, ni sortir de son véhicule, est en fait en prison, et les dizaines de milliers de types qui sont autour de lui, sont eux aussi pris au piège…. L’histoire de l’ambulance de Raymond Devos, qui ne pouvait plus sortir du rond point, et qui était obligé de passer le relais au corbillard,  est devenue une situation normale et journalière pour des millions d’automobilistes dans le monde….

Comme les zizis de Pierre Perret, tous les types d’ automobiles, les grosses, les petites, les moyennes, les à essence et les à pétrole,  ont envahi toute la surface du globe et nos frères chinois et hindous font exactement la même connerie, alors, que eux, ils savent la terrible menace que fait régner les milliards de mètres cubes de gaz d’échappement sur la survie de notre planète…. L’oppression que fait régner l’automobile s’étend comme une terrible pandémie sur le monde, la quasi totalité des habitants de la terre est susceptible demain d’ être atteinte par cette épidémie sauvage, pour laquelle  il n’existe ni vaccins, ni prophylaxie efficace ….L’énorme conglomérat mondial de l’industrie automobile a atteint un point de non retour, elle ne peut plus revenir en arrière sans ruiner des millions de gens et supprimer le travail d’autres millions de gens, c’est l’entropie irréversible au niveau planétaire…

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Commentaires

Joili billet.
Ma première voiture à moi fut une Cadillac, achetée avec des copains pendant mon semestre d'étude en Californie. Ca faisait partie du "trip".

Écrit par : Proton | 27/08/2007

Il est clair que l'avenir de l'automobile risque de ne pas être ce que l'on croit !

Écrit par : Stéphane | 28/08/2007

Les commentaires sont fermés.