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20/10/2006

C'était au temps...

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Ou Grenelle rêvait…

 

 

 

 

 

C’était au temps ou les ouvriers commençaient à rêver de s’acheter une bagnole neuve, une baraque à tempéraments, de partir camper deux ou trois semaines en famille au bord de la mer ou en Auvergne, d’envoyer leurs enfants au Lycée et peut-être en Fac…. Il y avait du boulot, les payes n’étaient pas mirobolantes, mais on était sur de ne pas rester sur le carreau bien longtemps si on cassait le contrat de mariage avec son employeur…

 

 

C’était au temps du p’tit bal du samedi soir, se déroulant joyeusement au son de l’accordéon, du saxo et de la batterie…avec les premières poussées de Twist et de Rock N’Roll… C’était bon enfant, un peu égrillard quelquefois, mais tout le monde se respectait et c’était à la portée de toutes les bourses.

 

 

C’était au temps ou l’on pouvait griller une Gauloise ou une Gitane entre copains,  sans se poser de questions médicales ou écologiques, ça permettait de passer un moment de repos et  de bonne humeur…

 

 

C’était au temps ou l’on buvait un coup sans se soucier de l’état de son foie ou de ses méninges, ou du taux d’alcoolémie permettant de prendre le volant… Mais la plupart des gens buvait peu car on n’avait pas les moyens de consommer un tas d’alcools plus ou moins frelatés, la boisson nationale était le petit coup de rouge, quelquefois agrémenté d’une larme de limonade…Le grand luxe familial, réservé aux samedis et aux dimanches, était la bouteille de Ricard…

 

 

C’était au temps ou on allait au boulot en autocar, en train, et souvent à bicyclette : dans toutes les gares SNCF et dans les parkings des usines, il y avait d’immenses garages à vélo, et le soir, à la débauche, c’était un joyeux brouhaha… Les ouvriers de l’époque étaient des vrais écolos, car en plus de tous les kilomètres parcourus en bicyclette, ils faisaient tous leur bout de jardin et produisaient eux-mêmes leurs légumes, et aussi, souvent, leurs fruits, et quelquefois quelques lapins et quelques poules…

 

 

C’était au temps ou il y avait encore de vrais paysans, de vrais boulangers, de vrais épiciers, de vrais charcutiers, de vrais restaurateurs : rien encore n’était frelaté et standardisé par la production industrielle : les pommes avaient le goût de pommes, le camembert coulait, le gros pain était savoureux, le cochon bien gras et goûteux , les truites de rivières…. Me souvient encore d’un véritable festin dégusté dans une gargote de village, entre Massiac et Neussargues,  ou l’on nous avait servi pour quatre personnes, un beau poulet fermier rôti, une montagne de girolles au jus, le morceau de cantal à volonté, un saladier de framboises, le tout arrosé d’un petit Saint-Pourçain  rosé… pour un prix très modique défiant toute concurrence !!

 

 

C’était au temps ou l’on faisait l’amour sans préservatif et sans précautions spéciales, simplement, sans avoir l’esprit torturé par des visions pornographiques tordues, c’était là aussi naturel et la jouissance réciproque n’en était pas amoindrie … Il faut dire qu’à l’époque le relations amoureuses étaient très encadrées, mais en fin de compte, la souffrance de l’attente très prolongée ne faisait que mettre un peu d’exaspération aux désirs et une consommation plus enivrante des premières noces.

 

 

C’était au temps ou une grande partie de la population française rêvait encore des «  Lendemains qui Chantent » en espérant qu’un jour la France serait une copie conforme du paradis soviétique …

 

 

C’était au temps ou la classe ouvrière commençait à profiter d’un certain confort de vie, mais toutes ces conquêtes matérielles irritaient la bourgeoisie qui se voyait grignoter ses privilèges petit à petit, alors les bons bourgeois lancèrent leurs petits soixante-huitards  surexcités pour casser tout cela et semer une pagaille toujours profitable aux plus malins et aux plus rusés…  Les quelques sous grappillés lors des Accords de Grenelle furent vite bouffés par l’inflation, les quelques libertés acquises par les femmes sont aujourd’hui noyées dans l’océan de misère des mères célibataires, et depuis, les gens du peuple, comme les Shadoks, pompent le matin, pompent le midi, pompent le soir….courent de plus en plus vite, travaillent de plus en plus dur, ne boivent plus, ne fument plus, et bientôt ne baiseront plus.

 

 

C’était au temps des Années Soixante ….  

 

 

 

 

 

 

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Bizarrement et tristement, la Voie Royale de l’information, Internet, ne donne aucun site valable, humain, intéressant sur le vocable «  OUVRIER »….  Ces hommes et ces femmes qui sont encore des centaines de millions dans le monde, et qui sont les seuls à savoir faire marcher la machine, sont considérés un peu comme des espèces de zombies servant à alimenter la prose des sociologues, des statisticiens et des auteurs misérabilistes ou révolutionnaires. L’individu « OUVRIER » ne semble pas avoir d’existence physique, psychique, sentimentale ou spirituelle, cela semble inconcevable pour la majorité d’entre nous qui sont issus de milieux ouvriers ?

 

 

 

 

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Commentaires

merci de m'avoir listé dans les blogs à bloger ! Je découvre le tiens (ou ma mémoire défaille à cette heure ?) à bientôt,

Loïc

Écrit par : Loïc | 24/10/2006

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