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06/09/2006

ERSATZ

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Larousse : «  produit de remplacement de moindre qualité » « pâle copie » « substitut dénaturé »

 

 

 

 

 

 

J’ai entendu parler «  d’ersatz » pendant la guerre, à l’époque des restrictions alimentaires… Il y avait de l’ersatz de café, de sucre, de  gâteaux secs,  de chocolat, de fromage, de cuir, de tissu…. Les soldats allemands tartinaient leur pain noir d’un ersatz de margarine, fabriqué, paraît-il à base de charbon… Tous les adultes autour de moi ne parlaient que des produits merveilleux et vrais «  d’avant-guerre », les poulets de grains, le chocolat Meunier, les sardines bretonnes, les camemberts coulants de Normandie….

 

 

Soixante ans après, ce mot est toujours dans ma mémoire, et je m’aperçois que presque tous les produits que nous consommons chaque jour, sont des « ersatz » …..Comme le fameux soda de la pub télé «  ça ressemble à » « ça a le goût de… » «  ça a la couleur de… », mais ça n’est pas…..L’énorme différence avec ce qui se passait pendant les fameuses «  années noires », c’est que aujourd’hui, en 2006, la grande majorité des Français ne sait plus le goût des choses véritables ….

 

 

Plus grave encore, non seulement nous consommons des ersatz pour nous remplir l’estomac, mais aussi pour nous vêtir, nous chausser, nous protéger… Et encore plus grave, en particulier en Occident, nous n’avons pour nous nourrir l’esprit que des choses frelatées, tant en littérature, qu’au cinéma, qu’en religion, qu’en politique, qu’en administration, qu’en éducation, qu’en syndicalisme, qu’en tourisme, qu’en libéralisme, qu’en soins médicaux….  De moins en moins d’acteurs de la vie sociale, politique et économique croient en ce qu’ils font, ce ne sont que des arrivistes, des clones, des faux-culs : la possession aléatoire d’ argent est leur seul moteur, et de plus en plus d’hommes et de femmes ne sont plus des entités individuelles vivant leur propre destinée, mais des espèces d’ectoplasmes ressemblant à des vedettes du show-biz et malmenés par la publicité et la mode.

 

 

C’est incroyable comment les gens du peuple ont littéralement dégénérés en un demi-siècle, j’ai devant moi une collection de revues de 1954 «  Sciences et Voyages », les récits de voyages au bout du monde sont rédigés dans le style ampoulé et grandiloquent de l’époque, mais les photos, elles, en noir et blanc, sont d’une criante vérité : tous les individus photographiés dans leurs activités traditionnelles du Cap Nord à Bora-Bora, du Soudan au Mexique, de l’Afghanistan à la Presqu’île Guérandaise,  de la côte des Somalis au désert australien, du Vénézuéla à la Nouvelle-Guinée, ont l’air de gens VRAIS, habités, conscients de vivre leur vie à eux.

 

 

Je ne prétends pas que dans ces années là, la vie était idyllique sur la terre,  non,  la vie matérielle était assurément bien plus dure qu’aujourd’hui, mais les hommes et les femmes des années cinquante, partout dans le monde étaient des êtres humains vrais : ils vivaient leurs situations sociales, familiales, professionnelles, en profondeur, intégralement, authentiquement.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

L'atmosphère est également différente quand on écoute des archives de la radio (sur France Culture par exemple) ; on sent bien que nous ne sommes plus dans la même civilisation.

Écrit par : Arianil | 08/09/2006

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