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20/06/2006

PAUVRETE

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La pauvreté, chance ultime de l’Occident ?

 

 

 

 

Dans la préface du livre de Claude Albert «  Espérance de vie, la fin des illusions », André Aschieri, Vice-Président de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire dit : Notre génération a l’obligation d’assurer le bien-être de ceux qui naissent avec ce siècle et de ceux qui suivront. IL est presque déjà trop tard. Ce qui est certain, c’est que chaque moment perdu amenuisera encore les chances de relever ce défi et obligera à des mesures plus radicales….Comment apporter un début de réponse ? En nous dotant de deux  principes d’action : la solidarité et la sobriété. La solidarité est nécessaire dans l’espace et dans le temps envers tous les humains qui partagent cette planète, envers les autres espèces, envers la nature aussi. La sobriété, parce que les déséquilibres, en donnant l’illusion de la richesse à quelques- uns, accroissent la misère pour beaucoup, parce que le paradoxe du nouveau siècle veut que le « mieux » soit meilleur ami du «  moins » que du «  toujours plus ».

 

 

CONTE

 

 

Il était une fois un vieux couple, Noël et Camille, ils vivaient dans une toute petite maison. Deux petites pièces au rez-de-chaussée, une cuisine et une buanderie, lingerie, fruitier et débarras. Deux petites pièces à l’étage, deux chambrettes, ou il était difficile de circuler entre le lit de 90, l’ armoire à linge, et les deux chaises empaillées. Devant la petite maison, il y avait une courette, un puits et une pompe à eau, car il n’y avait pas l’eau courante, c’est vrai que l’eau était fraîche et délicieuse à l’époque, mais il fallait transporter les seaux d’eau à la maison…Sur ses vieux jours, la pauvre Camille, percluse de rhumatismes, avait bien du mal pour pomper et trimballer ses récipients.  Il y avait bien l’électricité, mais il fallait économiser et l’on allumait la petite lampe de quarante watts au dessus de la table de la cuisine,  que lorsque la nuit était tombée.

 

Evidemment aucune installation sanitaire, pas de douche et encore moins de baignoire, le samedi Camille faisait chauffer deux ou trois seaux d’eau, elle aidait Noël à se décrasser , puis se lavait elle-même derrière un paravent. Evidemment, pas de WC non plus, sinon le célèbre «  cabinet au fond du jardin », avec son broc d’eau, sa balayette, et sa bonne odeur d’excréments naturels et biodégradables….

 

Noël cultivait son jardin, et produisant pratiquement toute leur nourriture de légumes et de fruits, conservés de trente-six façons pour tenir l’hiver. Ils élevaient une ribambelle de lapins avec l’herbe ramassée au bord des chemins et avaient un beau poulailler leur donnant œufs, poulets et poules. Inutile de dire que tout était cultivé avec des produits naturels, le fumier des poules et des lapins et un peu de fumier de cheval de la ferme à côté. Ils vivaient de leur production, à part la pain, le sucre, le café, l’huile et  sel, trois ou quatre fois par an, ils vidaient leur porte-monnaie pour aller acheter un jarret de bœuf et se faisaient un festin en dégustant un pot-au-feu amoureusement mijoté.

 

Le seul luxe de Noël était sa pipe, il en fumait deux ou trois par jour et faisait durer le plaisir le plus longtemps possible….Pour fêter Noël et la Nativité, il s’offrait un énorme cigare qu’il dégustait les yeux fermés…Ni Noël, ni Camille ne savaient lire, ils passaient de longues soirées à parler de choses et d’autres, ou de souvenirs, l’été sous le tilleul de la courette, l’hiver, tous feux éteints, à la lueur hésitante de la petite grille de la cuisinière. Noël racontait les aventures garibaldiennes de sa jeunesse, Camille écoutait et priait, psalmodiant des litanies apprises dans son enfance, elle n’allait pas tous les dimanches à la messe mais elle était profondément croyante, elle illuminait l’entourage par sa joie de vivre, sa bonté, sa charité.

 

Aujourd’hui, en l’an de grâce deux-mille sixième, un couple qui vivrait comme cela serait presque une incongruité, une anomalie, un scandale, il serait presque la risée des gens instruits et à la mode…. Pourtant, pourtant, si l’on écoute nos prophètes écologistes, Noël et Camille seraient presque le prototype parfait du mode de vie préconisée pour sauver l’Occident, l’Europe, la planète entière….

 

Noël et Camille étaient mes grands-parents maternels, je les ai adorés, et ai passé des heures et des heures à bricoler avec le grand-père ou à  raconter des histoires avec la bonne Camille, qui riait de tout….

 

 

Site: La pauvreté en France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17:15 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : De tout et de rien

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