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09/05/2006

Grand-Père Noël

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          Le grand-père Noël est né à Curregio, un petit village du Piémont italien en 1872, région ou sévissait alors une grande misère et presque la famine pendant certaines périodes. Vers 1910 toute la tribu se réunit autour de l’aïeul et décida d’émigrer afin de trouver de quoi se nourrir et élever correctement les très nombreux enfants. L’arrière grand-père et l’arrière grand mère se gardèrent une petite maison, tous les biens furent vendus, terres, bétails, vignes, les sept groupes familiaux tirèrent au sort une destination et le pécule fut distribué en fonction du prix du voyage. Les uns partirent en Australie, les autres en Argentine ou aux Etats-Unis, un autre groupe en Allemagne, le grand-père Noël et la grand-mère Camille se retrouvèrent ainsi avec leurs quatre enfants dont l’aîné avait dix ans, dans le Nord de la France. Le grand-père, grand et costaud, pas avare d’efforts, trouva rapidement un boulot de poseurs de rails. Il devint vite chef d’équipe et pour arrondir les fins de mois demanda à la grand-mère de faire la cantinière pour nourrir l’équipe de poseurs.
De chantier en chantier de constructions de lignes de chemin de fer, ils habitèrent dans différentes régions de France, jusqu’au jour, vers 1925 ou  Noël passa sous un wagonnet, il resta de nombreux mois à l’hôpital et en ressortit handicapé et inapte au travail.
Quand je l’ai connu il vivotait de sa petite pension, élevait des lapins, faisait son jardin et ….fumait sa pipe. Fumer sa pipe était son seul luxe, il en fumait trois ou quatre par jour en les faisant durer le plus longtemps possible, pour les fêtes il se permettait un cigare barreau de chaise qui empestait la maison.
Avec le recul du temps je me rends compte que mes grands parents vivaient dans une extrême pauvreté, souvent j’ai vu le grand-père dîner d’une tranche de gros pain sur laquelle il étalait un peu de saindoux salé et poivré, et d’un gros ognon qu’il découpait en lamelles, le tout arrosé d’un peu de vin coupé d’eau. Les traditions italo-méditerranéennes les ayant beaucoup marqués, Noël et Camille se vouvoyèrent jusqu’à leur mort survenue à plus de quatre-vingts ans, souvent j’ai vu la grand-mère manger sa soupe, debout prés du poêle, pendant que le grand-père dînait seul à  table.

Comme la plupart des immigrés, le grand-père Noël a rêvé de pouvoir retourner dans son Piémont natal, je crois qu’il y est allé une fois, seul, pour assister à un enterrement, il n’ a jamais revu son pays avant sa mort, l’envie ne lui manquait pas de partir, mais il aurait sûrement aimé pouvoir montrer une certaine aisance matérielle et sa situation financière ne le lui permettait pas.

                                     Les Ritals

 

 

16:25 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (0)

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