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21/03/2006

OLFACTIONS !!

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Quand je passe à coté d’un camion ou d’un engin de travaux publics, et qu’une forte odeur de gas-oil s’en dégage, c’est quasi automatique, irrésistible :je me retrouve plongé cinquante ans en arrière. Juste après la guerre un paysan voisin avait ressorti un vieux tracteur avec des roues métalliques crantées, il se déchaînait pour lancer un énorme volant afin de mettre le moteur en marche. Le moteur démarré tournait doucement en faisant plop..plop…plop, une épaisse fumée bleutée montait du tube d’échappement en répandant une forte odeur : l’odeur qui m’obsède encore un demi-siècle après.  L’ émotion olfactive s’atténuant un peu, la première image qui m’arrive dans la tête, se situe le soir, en octobre ou novembre, quand la brume commence à recouvrir les basses terres, c’est l’époque des labours et on entend dans la plaine qui s’étend au bas de la côte, vers Saillancourt, le fameux plop…plop…plop pendant des heures. La température est encore clémente malgré l’automne déjà bien avancé, le bruit monotone et répétitif du tracteur, un peu noyé dans l’atmosphère ouateuse amène une espèce de sérénité dans la campagne environnante .
 
 
Une autre odeur qui me transporte un demi-siècle en arrière, c’est celle de la paille fraîchement coupée : si je passe près d’un champ  moissonné depuis peu , je me revois gamin marchant derrière une moissonneuse lieuse tirée par des chevaux. Pendant des heures on suivait la machine, bercé par le tac-a-tac du mécanisme, d’un côté une longue lame coupante animée coupait les tiges et nous envoyait à la figure cette bonne odeur de paille chaude, puis un tapis roulant emmenait le blé vers des griffes qui en faisaient une gerbe bien roulée qui était percée par deux espèces d’aiguille qui introduisaient la ficelle qui liait la botte. Quand on arrivait au centre du champ et qu’il ne restait qu’un petit carré de céréales, on percevait une grande agitation et d’un seul coup, dans la panique, une troupe de lapereaux et de petits perdreaux affolés s’égayait dans tous les sens….
 
 

Dans ma mémoire olfactive il y a d ‘autres odeurs enregistrées, mais les deux odeurs qui amènent une réactivation immédiate des souvenirs sont les deux que je viens de citer : dès qu’elles se présentent à mon nez, je ne peux pas lutter contre l’afflux de souvenirs.

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                                           Mystères de l'olfaction

 

 

20:50 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (0)

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