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20/02/2006

VIEILLE. VIEUX

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Bouddha a reconnu dans un vieillard son propre destin parce que, né pour sauver les hommes, il a voulu assumer la totalité de leur condition. En cela il différait d’eux : ils en éludent les aspects qui leur déplaisent. Et singulièrement la vieillesse. L’Amérique a rayé de son vocabulaire le mot MORT : on parle du cher disparu … De même elle évite toute référence au grand âge ! Dans la France d’aujourd’hui, c’est aussi un sujet interdit. Quand à la fin de «  La force des choses » j’ai enfreint ce tabou, quel tollé j’ai soulevé ! Admettre que j’étais au seuil de la vieillesse c’était dire qu’elle guettait toutes les femmes, qu’elle en avait déjà saisi beaucoup. Avec gentillesse ou avec colère un grand nombre de gens, surtout âgés, m’ont abondamment répété que la vieillesse, ça n’existe pas ! Il y a des gens moins jeunes que d’autres, voilà tout …. Pour la société, la vieillesse apparaît comme une sorte de secret honteux dont il est indécent de parler.

 

  de «  La vieillesse » de Simone de Beauvoir

 

L’adulte, vers la fin de sa vie, se nourrit spirituellement autant de son passé que de son présent. E t son présent ne prend vraiment sens pour lui qu’en liaison avec son passé. Plus il approche de son achèvement, plus il est pour lui vitalement nécessaire de comprendre la signification totale de son histoire personnelle, pour en découvrir l’unité et éprouver ainsi à l’avance la consistance de son moi véritable, celui qui ne passera pas. Il semble qu’il se prépare ainsi à être fondé en sa propre substance pour entrer dans un ordre nouveau.

 

Heureux l’homme dont la jeunesse fut pure et fervente, laborieuse, déjà fidèle à l’appel perçu dans le recueillement d’une âme entière et attentive ! Jamais il ne s’en est encore aussi pleinement rendu compte, même aux heures claires et joyeuses de son annonciation. Sa vieillesse en est toute illuminée, toute revigorée. Et s’il doit connaître encore les duretés d’une existence finissante, ce ne sera pas sans porter en soi la consolation de base d’avoir, en vérité et pour toujours, efficacement et bien vécu.

 

                   Marcel Légaut  «  Travail de la foi »

 

 

11:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

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