02.10.2011

Elégies pour Andrée.

 

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Elégie funèbre pour Andrée

 

Par Andrée.

 

 

 

Je suis seulement partie un peu à côté…

 

Je suis Moi, vous êtes Vous.

 

Ce que nous étions les uns pour les autres,

 

Nous le sommes toujours.

 

Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné

 

Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.

 

N’employez pas un ton différent,

 

Ne prenez pas un air solennel ou triste.

 

Continuez de rire de ce qui nous faisait rire ensemble

 

Souriez, pensez à moi.

 

Que mon nom soit prononcé, comme il l’a toujours été,

 

Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre.

 

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié,

 

Elle est ce qu’elle a toujours été, le fil n’est pas coupé.

 

Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement

 

Parce que je suis hors de votre raison ?

 

Je vous entends, je ne suis pas loin :

 

Juste de l’autre côté du chemin.

 

Vous voyez, tout est bien.

 

 

 

( Charles Péguy. D’après un texte de Saint-Augustin )

 

01.05.2011

ALZHEIMER... PARLER...DIRE...

 

 

 

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Séparation poignante et inexorable…

 

 

 

 

IL est un peu plus de 11 H, je rentre à la maison, j’ai accompagné  Andrée, mon épouse,  à l’EHPAD de la Maison de Retraite voisine ou elle est entrée ce matin. En fin de compte cela s'est assez bien passé, nous lui avons expliqué pendant plusieurs jours que je ne pouvais plus la garder à la maison, mais comme Andrée ne sait plus du tout ou elle est, je ne lui ais rien dit en partant, , nous avons pris le sac habituel pour l'Accueil de Jour, nous sommes entrés dans la maison de retraite, la directrice nous attendait, elle est partie avec Andrée, pendant que je faisais des formalités... 

 

Ce matin vers 9H, nous avons bu notre dernier café ensemble, Andrée et moi. A la radio, en sourdine, on entendait le célèbre  tube  des années 50, « Petite Fleur »  interprétée par Sydney Bechett  avec talent  à la clarinette et qui en composa les paroles ..

 

." N'aies pas peur,

Cueillie au fond d'un cœur

Une petite fleur

Jamais ne meurt. "

 

Il faut dire simplement que je commençais à être complètement débordé, il arrive un moment ou la bonne volonté et le courage ne suffisent plus, vu la régression de l'état de Andrée depuis un mois et demi, il me fallait être au four et au moulin jour et nuit, et à septante sept printemps, on arrive assez vite à ses limites physiques... Ajouter à cela son incapacité à dire ce dont elle avait besoin, y compris pour se déplacer dans la maison, il était temps qu'elle entre dans une institution ou les choses sont facilitées par une organisation adéquate et bienveillante en même temps

 

La proposition d’une chambre, aménagée Alzheimer,  le 3 avril, m'a paru être une aide de la providence, au bon moment...  Quoique la décision soit très, très difficile à prendre... peut-être que c'est plus facile d'emmener son père ou sa mère dans ce genre d'établissement, quoique que... mais y emmener son mari ou sa femme, cela devient une épreuve très éprouvante et anxiogène ....

 

Le jardin est fleuri, le tamaris, la glycine, le lilas, les iris, les clématites naines, sont en fleurs, cela console un peu de la tristesse ambiante.. mais c’est une maigre consolation.

 

Que vais-je faire demain… ? Après-demain… ? Comment accepter de rayer de son existence 53 années de vie commune et d’amour partagé… ? Les psychothérapeutes de tous poils savent bien envelopper tout cela dans un tissu pseudo- consolateur …  « il faut que vous fassiez le deuil de ce demi-siècle de vie familiale… ». Bon, et puis après, il est impossible de n’être pas obsédé par la pensée de votre compagne enfermée, dans un certain confort certes, mais enfermée quand même, pour le restant de ses jours… 

 

 

jeudi 14 avril 2011

 

                          

 

 

 

23.04.2011

Avant Pâques...Aprés Pâques...

 

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Après Pâques !

 

 

                    Quand même, quand même, voilà un gus appelé Jésus, qui naît dans une étable, de parents dans la misère, qui échappe au massacre des innocents, qui passe son enfance dans une famille d’ouvriers, qui s’instruit presque seul, puis avec la bénédiction du précurseur Jean, proclame les Evangiles jusqu’à la passion et le sacrifice suprême…

Sacrifice qui rachète le pêché originel pour tous les hommes, avant et après le Christ, a condition qu’ils le désirent, donc en toute liberté.

                    Et deux mille ans après, Jésus est toujours là, parmi nous, si c’est pas un miracle ça, comment appeler ce phénomène extraordinaire, qui fait qu’en l’an de grâce deux mille-onzième, les six milliards d’habitants de la planète Terre, connaissent tous, plus ou moins, ce sacré bonhomme ?

                    Deux millénaires après l’épisode de la crèche de Bethléem, l’histoire du Christ tient toujours la route…Il suffit que n’importe quel homme ou n’importe quelle femme, de n’importe quelle condition sociale, accepte de mettre Jésus dans son cœur, simplement, et l’espérance revient immédiatement, pas la peine de faire des psychanalyses coûtant une fortune ou de posséder un énorme compte en banque, non, c’est tout simple, faites l’essai …

Quel hyper-super-génial créateur en marketing pourrait imaginer aujourd’hui que deux pauvres hères faisant naître leur petit dans une étable, allaient révolutionner le monde, et transformer le message messianique hébreu, basé sur la crainte et la vengeance divine, en un message d’amour et de pardon ?

Au ras des pâquerettes, ce n’est pas toujours simple, l’église des hommes, gérée et commandée par des hommes ne peut échapper aux tares immémoriales des êtres humains, mais malgré tout cela, malgré sa souffrance l’église triomphe de tous les maux inhérents aux créations humaines : elle disparaît presque, puis elle renaît encore plus forte, il suffit d’un Poverrelo   du côté d’Assises !